SCÈNE VI
LE DIRECTEUR
Ah ! c'est un rendez-yous ! . . .
LA JEUNE PERSONNE
Eh ! mais , vous pouvez le connaître; C^est mon petit cousin.
LE DIRECTEUR
J'entends.
( Â Dercour. )
Dans nos foyers je crois que je l'ai déjà vue : Sa visite regarde un de nos jeunes gens.
DERCOUR.
Elle parait bien ingénue ; Elle est bien, mon ami , mais très-bien.
LE DIRECTEUR
Trouves-tu ?
(AU Jevne Personne. )
Votre petit cousin n'est pas encor venu ; Il ne saurait tarder, à ce que j'imagine.
Si vous voulez l'attendre...
LA JEUNE PERSONNE
n le faut bien , hélas !
Mais je vous avouerai que cela me chagrine.
DERCOUR.
Le cousin a grand tort , je ne le cache pas , De faire attendre ainsi son aimable cousine.
LA JEUNE PERSONNE
Monsieur n'est-il pas un auteur ?
LE DIRECTEUR.'
C'est un homme d'esprit.
LA. J£VN£ PEBSONTtE.
On le yoit à sa mine.
DEBCOUR.
Oui , si cela vous platt , mon enfant , de bon coeur,^ Je suis auteur... Voyons ce qu'elle veut nous dire.
LA JEUNE PERSOÏÏ19E*
Ah! je crains de vous faire rire; Mais j'aurais une idée à vous communiquer.
PERCOUR.
Eh bien ! voyons donc cette idëé.
Elle sera fort bonne ; il faut nous l'expliquer.'
tA JEUNE PERSONNE.
Par la nature seule , hëlas ! je suis .guidée.
Moi , je n'ai point d'esprit ; j'en conviens franchement.
BERCOUR.
C'est avoir trop de modestie ;
Et votre physionomie
Dit le contraire , et vous dément.
LA JEUNE PERSONNE
Pour la première comédie Que vous ferez , je veux , si vous le permettez, Vous donner une scène attachante... Ecoutez.
BERCOUR.
Je vous promets d'en Taire usage , Si je donne jamais au théâtre un ouvrage.
( Au Directeur. )
Elle me divertit.