II. a
De verser quelques pleurs il ne peut se défendre : Il me parlait des yeux ; les miens lui répondaient ; Doucement dans ses mains mes mains furent pressées , Et nous sentions tous deux que nos cœurs s'entendaient. Nous restâmes long-tems livrés à nos pensées , Et nous taisant toujours... Quel silence rendrait Tout ce qu'un tel silence exprime !
En amour , à ce qu'il parait , Vous préférez la pantomime.
LA JEUNE PERSONNE
J'aime la vérité : faut-il qu'aux amoureux Qu'on produit sur la scène , on ait pris pour système De prêter un jargon ou fade ou précieux ?
Ah ! si jamais , au lieu de son désordre extrême , Au lieu de ses regards que j'ai bien entendus , Mon cousin dit , comme eux , galamment : Je vous aime , Je penserai qu'il ne m'aimera plus.
BERCOUR.
Ah ! sa naïveté m'enchante.
Il e^t heureux , votre petit cousin !
Mais nous conterez-vous la fin De cette scène si touchante ?
LA JEUNE PERSONNE
Oh ! la voici : c'est que ma tante Rentra, ne s'aperçut de rien, Et nous reprîmes l'entretien Sur une chose indifférente.