ACTE IV, SCÈNE VIL
Mais dtt sang-froid , au moins ; car, à parler sans feinte , Vous verrez quelque chose ici de surprenant.
CÉLESTE, basàMm^re.
Ma mère , m^en irai-je ?
M"'* JAQUII70T, bas ^Céleste. ,
£h! non, non , mon enfant; Reste. Quand on est deux , on a moins peur.
(Apart. )
Je tremble.
Vous voyez cette canne; eh bien! que vous en semble?
M™« JAQUINOT.
Comment ?
HOMBERT
Que croyez-vous que ce soit 'î Un bâton Ordinaire ?
M"»* JAQUINOT.
A la voir, on le dirait.
HOMBERT
Eh ! non ; L'apparence n'est rien, Cette rare baguette Renferme une vertu précieuse et secrète ; L'effet qu'elle produit tient du surnaturel ; Elle est faite d'un bois nommé bois immortel ; C'est celle qu'on nommait jadis divinatoire , Et de graves auteurs en ont écrit l'histoire. Vous en avez peut-être entendu parler ?
iio LE TRÉSOR.
M«« JAQUIKOT.
Oui,
Quelquefois.
HOMBERT
Vous allez la connattre aujourd'hui.
Quand on sait la tenir de certaine manière , . On éprouve à Tinstant sa vertu singulière ; Dans le sein de la terre on sent couler les eaux; On suit tous les filons des mines , des métaux ; On trouve les trésors. . .
Les trésors ?
HOMBERT
Oui , Madame ; D'or on d'argent caché la plus petite lame.
Ce n'est pas tout encore ; elle sert à chercher Les voleurs , les fripons qui veulent se cacher. Me trouvé-je près d'eux ?... Un frisson... galvanique , Agitant la baguette , à moi se communique , Et me cause un mal-aise... A moins de la quitter. Je souffre....
M«»« JAQUIIÏOT.
Vous devez craindre de la porter P
HOMBERT
Oh ! je vous en réponds. Il faut bien, dans ce monde, Que la friponnerie étrangement abonde ; Car presqu'à chaque instant j'ai la fièvre. . . .
M"*« JAQUINOT.
Est-il yrai ?