ACTE V, SCÈNE II. ng
( Haut ^ acile. )
Eh bien ! ma chère enfiint , formez-yous un dessein ? Depuis que vous savez quelle est votre fortune, Avez -vous réfléchi ?
CÉCILE
Mon Dieu ! que j'en aie une, Ou que ]e reste pauvre , eh ! que me fait cela ? C'est peut-être un malheur pour moi que ce bien-U!
LÂTOUR.
Pourquoi donc ?
CÉCILE
C'est qu'il est des âmes élevées , Du vil amour de l'or noblement préservées , Et pour qui la richesse , au lieu d'être un attrait , Serait presque un motif qui les éloignerait.
LÂTOUn.
Soit; mais répugnez-vous , Cécile, au mariage ? Souffirez qu'à me répondre ici je vous engage. J'attends.... Ne voulez-vous me dire oui ni non?
CÉGII.E.
Si vous le permettez , je dirai : c'est selon.
LATOUR
Ah! j'entends : c'est selon le mari qu'on propose.
CÉCILE
C'est cela justement.
LATOUn.
Si c'était.. . Je suppose , Notre jeune étranger ?
CÉCILE
' Monsieur Hombert ?
LATOUR
Eh! ouï.
CÉCILE
Je répondrais que f ai de restime pour lui; Mais je ne Taime point.
LATOUR
L'excuse est légitime.
Pour quelque autre auriez-vous... là...plusquederesHmc.^ Que pensez-Yous d'Adolphe ?. . .
CÉCILE
Eh ! mais, . . en vérité. ..
Que me demandez-yous ?
LATOUR
De la sincérité.
CÉCILE
Je tremble...
LATOUR
Eh ! pourquoi donc ; tous pouvez bien, ma chère , Si vous Taimez un peu , l'avouer à son père.
Vous ferez devant moi cet aveu sans rougir; Et moi , je l'entendrai , Cécile , avec plaisir. Il faut vous dire tout : c'est Adolphe lui-même Qui m'a depuis long-tems confié qu'il vous aime ; Je désirais qu'au sien votre cœur répondit.
CÉCILE
Croyez que votre fils... ne m'a.«. jamais... rien dit...«
ACTEV, SCÈNE II. 121
LATOUR
Vous n'en saviez pas moins ce quHI pensait 9 je gage? Ayant de se parler, on s'entend à votre ige.
Cécile:
Il est vrai, quelquefois, que j'ai cru remarquer...
LÂTOUR.
Ma fille , eh bien ! pour lui je viens de m'expliquer.
CÉCILE
Ma fille, dites-vous ? Ah! que ce mot me touche ! Et combien il m'est cher , sortant de votre bouche !
LATOUR
Ma fille , embrassez*moi : c'est là m'en dire assez ; Je comprends pour mon fils tout ce que vous pensez. Oui, vous serez unis; oui, vous serez ma fille. N'avez-vous pas toujours été de la famille ?
CÉCILE
Le dernier de vos dons les surpasserait tous. Que mon bien , si j'en ai , soil commun entre nous ; Mon père , mon ami , puis-je jamais vous rendre?... Mais on vient : c'est Adolphe .
Oui ; qui s'est fait attendre .
Que je suis satisfait d'un entretien si doux! Je sors , et c'est encor pour m'occuper de vous.
ï2a tE TRÉSOR.