‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 70 sur 253 · ACTE V, SCÈNE II. ng · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE II. ng

( Haut ^ acile. )

Eh bien ! ma chère enfiint , formez-yous un dessein ? Depuis que vous savez quelle est votre fortune, Avez -vous réfléchi ?

CÉCILE

Mon Dieu ! que j'en aie une, Ou que ]e reste pauvre , eh ! que me fait cela ? C'est peut-être un malheur pour moi que ce bien-U!

LÂTOUR.

Pourquoi donc ?

CÉCILE

C'est qu'il est des âmes élevées , Du vil amour de l'or noblement préservées , Et pour qui la richesse , au lieu d'être un attrait , Serait presque un motif qui les éloignerait.

LÂTOUn.

Soit; mais répugnez-vous , Cécile, au mariage ? Souffirez qu'à me répondre ici je vous engage. J'attends.... Ne voulez-vous me dire oui ni non?

CÉGII.E.

Si vous le permettez , je dirai : c'est selon.

LATOUR

Ah! j'entends : c'est selon le mari qu'on propose.

CÉCILE

C'est cela justement.

LATOUn.

Si c'était.. . Je suppose , Notre jeune étranger ?

CÉCILE

' Monsieur Hombert ?

LATOUR

Eh! ouï.

CÉCILE

Je répondrais que f ai de restime pour lui; Mais je ne Taime point.

LATOUR

L'excuse est légitime.

Pour quelque autre auriez-vous... là...plusquederesHmc.^ Que pensez-Yous d'Adolphe ?. . .

CÉCILE

Eh ! mais, . . en vérité. ..

Que me demandez-yous ?

LATOUR

De la sincérité.

CÉCILE

Je tremble...

LATOUR

Eh ! pourquoi donc ; tous pouvez bien, ma chère , Si vous Taimez un peu , l'avouer à son père.

Vous ferez devant moi cet aveu sans rougir; Et moi , je l'entendrai , Cécile , avec plaisir. Il faut vous dire tout : c'est Adolphe lui-même Qui m'a depuis long-tems confié qu'il vous aime ; Je désirais qu'au sien votre cœur répondit.

CÉCILE

Croyez que votre fils... ne m'a.«. jamais... rien dit...«

ACTEV, SCÈNE II. 121

LATOUR

Vous n'en saviez pas moins ce quHI pensait 9 je gage? Ayant de se parler, on s'entend à votre ige.

Cécile:

Il est vrai, quelquefois, que j'ai cru remarquer...

LÂTOUR.

Ma fille , eh bien ! pour lui je viens de m'expliquer.

CÉCILE

Ma fille, dites-vous ? Ah! que ce mot me touche ! Et combien il m'est cher , sortant de votre bouche !

LATOUR

Ma fille , embrassez*moi : c'est là m'en dire assez ; Je comprends pour mon fils tout ce que vous pensez. Oui, vous serez unis; oui, vous serez ma fille. N'avez-vous pas toujours été de la famille ?

CÉCILE

Le dernier de vos dons les surpasserait tous. Que mon bien , si j'en ai , soil commun entre nous ; Mon père , mon ami , puis-je jamais vous rendre?... Mais on vient : c'est Adolphe .

Oui ; qui s'est fait attendre .

Que je suis satisfait d'un entretien si doux! Je sors , et c'est encor pour m'occuper de vous.

ï2a tE TRÉSOR.

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