ACTE V, SCÈNE IV
Par toi , par mon amour, et sous ton poignard même.
OTHELLO, la frappant d'un coup de poignard. Eh bien ! meurs !
HÉDELMONE.
O mon dieu !
( Elle fait plusieurs pas en aniere, et va tomber morte au pied de son lit. )
OTHELLO
J'ai fait ce que j'ai du.
Son amour est puni, le crime est confondu. .Te n'aurais cru jamais qu'avec tant de jeunesse On eût pu jusque-là porter la hardiesse. C'est l'effet du climat. Il faut, pour tant d'horreur. Que tout l'art de Venise ait passé dans son cœur. Cependant la pitié... Non : elle était coupable. Ce billet... ce bandeau... Cette audace exécrable A dû pousser à bout mon amour irrité , Et je vois ma vengeance avec tranquillité. Mais où porter mes pas? Ah! reviens, cher Pézare! Viens consoler mon cœur. Ce trait est d'un barbare.. Une femme! un enfant! j'aurais dû pardonner. D'où vient donc que mon cœur commence à frissonner! ( n'osant tourner les jeux vers
le corps d'Hédelmone. ) [Il la l'egarde. )
Elle est là... Regardons... Immobile!... insensible!... Comme un tombeau!... Cachons ce spectacle terrible. ( // tire sur elle les rideaux du lit, qui la dérobent aux jeux du spectateur. )
2 7 s OTHELLO.
{avec terreur.) Qui vient ici?
SCÈTS'E V.
HERMANGE, OTHELLO.
HKRMAXCE.
Seigneur, Pézare est arrêté.
Un grand forfait, dit-on, lui vient d'être imputé. Ces mortels dont TEtat gage la vigilance Ont de tous ses projets acquis la connaissance.