‹ OEuvresChapitre 186 sur 299 · ACTE V, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VI

C'est lui qui, dans ce jour, paraissant vous servir, Même au pied des autels voulut vous la ravir. Il fit craindre à vos feux un rival redoutable, Supposa son trépas , feifjnit , par cette fable , D'avoir trouvé sur lui , pour prouver ses desseins , Un billet, un bandeau qu'il remit en vos mains. Hélas! mon fils le crut votre ami le plus tendre. À ce titre , en secret , il le chargea de rendre À la seule lîédelmone un bandeau précieux, Up billet qu'il fallait écarter de vos yeux. N'ayant pu l'enlever, ce monstre , ô perfidie ! Voulut par des soupçons aigrir votre furie-, Et vous pousser contre elle à des transports jaloux Qui pouvaient vous tromper, et la perdre avec vous. Il nous vient d'avouer ses noires impostures, Et son trépas s'achève au milieu des tortures.

[en lui montrant son fils. ) Voilà votre rival.

LORÉDAN, a OtlieUo.

Oui, c'est moi qui peur vous D'Odalbert, né sensible, ai fléchi le courroux. Le sénat, mieux instruit, a vu dans sa colère, Non des crimes d'Etat, mais la douleur d'un père, Qu une aveugle fuieur égarait un moment, Et vient de faire grâce à son emportement. A moi, cher Othello, vous devez ïiédelmone. Aimez , vivez heureux , son père vous pardonne ; Et rendez grâce au ciel qui sut vous dérober

28o OTHELLO.

Au piège épouvantable où vous alliez tomber. OTHELLO, égarée n'ayant rien entendu .

Qu'avez-vous dit?

Parlez.

HERMANCE

D'où vient ce long silence?

Pourquoi...?

ODALBERT.

Ma fille , hélas ! n'est pas en ma présence !

OTHELLO

Elle dort, elle dort, ne la réveillez pas.

HERMANCE, couvant 'vers le lit, et ouvrant les rideaux.

Moi je vois tout. O ciel !

{On voit le corps d'Hédebnone morte, et le sang de sa plaie. )

OTHELLO

Où fuir? où suis-je? hélas !

Hédelmone ! Hédelmone !

MONCÉNIGO.

O spectacle terrible !

Tant de vertus... d'attraits... Oh! oui : le ciel sensible

[en la regardant. ) Va me la rendre. . . morte !

ODALBERT.

Ah ! je suis son bourreau.

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