SCÈNE \I
ABUFAR, PHARASMIN.
As-tu VU , mon ami , son crime et mon outrage , L'excès , l'horrible excès de son aveugle rage?
PHARASMIN.
Cet excès dans Farhan ne m'a point étonné,
Sa haine est un malheur qui m'était destiné : J'en ai vu dès long-temps les signes manifestes : Elle éclatait par-tout, dans ses yeux, dans ses gestes; Elle a dû s'exhaler par un transport soudain , Sur-tout quand vos bontés honoraient Pharasmin.
Mais pourquoi ce transport a-t-il saisi son ame , Lorsqu'accueillant tes vœux, lorsqu'approuvant ta flamme, De l'une de ses sœurs je t'ai promis la foi?
PHARASMIN.
C'est un Persan captif qu'il voit toujours en moi. Arabe du désert, libre et fier de sa race, Aspirer à sa sœur lui paraît une audace. Il pense que sa sœur ne se peut allier Qu'avec l'Arabe seul dans l'univers entier ; Né superbe et bouillant...
Toujours, quand je l'accuse, Ta générosité me présente une excuse.
Cependant je suis père, et je dois le premier Chercher à le défendre, à le justifier. Mais j'interprète mal cette horrible furie. Je crois...
PHARASMIN.
Que pensez-vous?
O crime! 6 flamme nnpie!
Tout s'explique à mes yeux : voilà, voilà pourquoi