‹ OEuvresChapitre 245 sur 299 · ACTE IV, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IX

s A L É M A , interdite, et se détournant. Eh bien ! . . . Mon père. . .

O ciel ! quel trouble extrême !

Que me faut-il penser? M'abusê-je moi-même?

(à Salénia.) Ma fille , parle.

SÂLÉMA.

Hélas!

Vous frémissez tous deux.

Quel secret cachez- vous?

FARHAN.

Connaissez donc nos feux ; N'estimez plus un monstre, un coupable, un perfide. Non, je ne brûle point pour ma sœur Odéide , Mais...

ABUFAB.

Va, ce mot suffit pour calmer mon courroux. Nomme, nomme Tobjet.

SALÉMA.

Il est à vos genoux.

Dans notre indigne sang étouffez notre flamme.

Avez-vous accueilli cette ardeur dans votre ame?

FARHAN.

Abandonnés du ciel , nous nous sommes tous deux Avoué, dans l'instant, nos exécrables feux.

Sans craindre que le ciel , pour vous réduire en poudre.

FAUHAN.

Le remords a sur nous tombe comme la foudre.

SALÉMA.

Il a mis dans mon cœur ses plus cruels tourmens.

FARUAN. *

Il m'accable à vos pieds.

SALÉMA, tombant à ses pieds.

Punissez vos enfans :

Je ne mérite plus le nom de votre fille.

Tu ne l'es pas.

FARHAN, avec joie.

Ociel!

SALÉMA.

Quelle est donc ma famille?

ABUFAR, en montrant Saléma .

Voilà , voilà l'enfant que d'une faible main Sa mère , en expirant , a remis dans mon sein.

SALÉMA.

Quoi! je suis cet enfant! Quoi! pouvais-je le croire? De mes propres malheurs j'ai raconté l'histoire !

Oui, mon cœur t'écoutait, palpitant de plaisir : De mes faibles bienfaits tu me faisais jouir. C'est moi qui t'ai cachée au sein de ma famille. On ignora ton sort ; je t'appelai ma fille.

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