ACTE II, SCKNE IX. 4i
Macbetli va vous conduire à votre appartement.
DUNCAN
Que de toi, cher Macbeth , je me plaigne un moment. Pourquoi, venant de vaincre, et sortant des alarmes, Quand je dois la victoire et la vie à tes armes. N'es- tu pas accouru dans mes embrassemens Recevoir et ma joie et mes remerciemens.' Près d'être enveloppé du bruit de ta victoire. Tu ne veux, je le vois, qu'échapper à la gloire. Jamais l'ambition ne corrompra ton cœur.
MACBETH
.1e mets à vous servir mes vœux et mon bonheur.
DUNCAN
.4h ! tu dois être heureux.
-MACBETH
J'ai trop sujet de l'être.
DUNCAN
Les méchans quelquefois ont l'art de le paraître. Vous avez un enfant, sans doute il est chéri.
FRÉDÉGONDE
C'est le fruit de mon sein ; c'est moi qui l'ai nourri.
MACBETH
Seigneur, vous soupirez !
DUNCAN
Hélas ! il me rappelle. . .
Mon cher fils... Donalbain, qu'une main trop cruclic... Dis , te fais-tu , Macbeth , cet horrible tableau ; Massacrer de sanfi-froid un enfant au berceau!
Ah , dieux !
FRÉDÉGONDE
Venez, seigneur; par ses charmes paisibles Le sommeil va chasser ces images terribles. Sous ces murs , près de nous , venez vous reposer,
DUNCAN
La fatigue et la nuit semblent m'y disposer.
( à part. ) Pour moi d'un long sommeil l'heure à grands pas s'avance.
MACBETH
Il est terrible au crime, et doux à Tinnocence.
DUNCAN
Ah ! qui vit sans remords , Macbeth , ne le craint pas.
[en s' arrêtant.) Voilà donc les drapeaux conquis dans ses combats! Ils ont coûté du sang. . .
G LA MI s.
ïls prouvent sa victoire.
MACBETH
J(3 rends grâce à Glamis, il prend part à ma gloire,
DLNCAN.
Il t'aime, cher Macbeth... À mon -réveil demain .l'ai d'importans secrets à verser dans ton sein.
Que toujours sur ma foi mon souverain s assure.
DUNCA.N.
Mon bonheur est bien grand. Que faut-il que j'augure?