ACTE V, SCÈNE VII
( Elle s'assied, pose le flambeau sur une table , remet le poignard dans son fourreau. ) SÉVAR, bas.
Un forfait la poursuit.
Ecoutons.
FRÉDÉGONDE, avec joie et un air de mjstère. Ce grand coup fut caché dans la nuit.
La couronne est à nous. Macbeth, pourquoi la rendre? (ai^ec le geste d^unejemme qui poite plusieurs coups de poignard dans les ténèbres. ) Sur le fils à son tour, . .
SÉVAR.
Ciel! que viens-je d'entendre- FRÉDÉGONDE, en s' applaudissant, et avec la joie de l'ambition satisfaite.
Oui, tout est consommé, mes enfans régneront. [avec la complaisance et le plaisir de la tendresse maternelle. ) Que j'essaie, ô mon fils, ce bandeau sur ton front. [tâchant de rappeler un souvenir vague à sa mémoire. ) Qui m'a donc dit ces mots? « Va , le çjel te fit mère. >
[avec serrement de cœur. ) S'ils éprouvaient les coups d'une main meurtrière !
( très tendrement. ) OCiel!
[portant sa main à son nez avec répugnance. ) Toujours ce sang !
84 MACBETH
[très tendrement.) Je verrais leur trépas!
(at^ec larmes.) Moi , leur mère !
( ai^ec terreur j se gr'attant la main . ) Ce sang ne s'effacera pas !
( a\^ec la plus gr^ande douleur. ) Odieux!
[en se grattant la main vivemeîit. ) Disparais donc , misérable vestige !
{avec la plus tendre compassion. ) Mon fils, mon cher enfant!
{se grattant la main plus vivement encore. ) Disparais donc, te dis-je!
{se grattant la main avec un dépit furieux. ) Jamais ! jamais ! jamais !
{comme si elle sentait un poignard dans son sein. ) Mon cœur est déchiré.
{avec de longs soupirs les plus douloureux j, et tirés du plus profond de son cœur. ) Oh! oh! oh!
( Son front s'éclaircit par degrés, et passe insensiblement de la plus profonde douleur à la joie et à la plus vive espérance. )
Quel espoir dans mon sein est rentré?
{tout bas J comme appelant Macbeth pendant la nuit, et lui montrant le lit de Malcome quelle croit voir. ) Macbeth ! INIalcome est là !