ACTE V, SCÈNE IX
Ce billet est ma preuve ; et , signé par un père , Lui seul de sa naissance éclaircit le mystère ; Sévar ainsi que moi peut encor l'attester : Oui , ce sceptre est à lui ; oui , je dois le quitter.
SÉVAR.
O grandeur ! ô noblesse !
LOCLIN.
O sentiment auguste !
MACBETH
Pourquoi s'en étonner? je n'ai fait qu'être juste. Mais il me reste encor... vous en allez juger, Un coupable à confondre^ un grand crime à venger; Vous connaissez le crime; à peine par nos armes Duncan victorieux voit finir ses alarmes, Que par un coup affreux cet hôte infortuné , Chez moi, dans ce palais, périt assassiné. Combien nous avons plaint cette auguste victime ! J'ai trouvé, découvert, saisi l'auteur du crime; O quel plaisir pour vous ! que son sang odieux Bientôt venge Duncan, et le venge à vos yeux ! Je vais dans un instant vous montrer le coupable. Son lâche meurtrier, ce monstre détestable...
SÉVAR.
Achève, quel est-il?
LOCLIN.
Quel est son. assassin?
MACBETH
C'est moi qui cette nuit l'ai tué de ma main.
88 MACBETH
LOCLIN.
Kon, je ne te crois pas.