ACTE II, SCÈNE lïl. laS
CONSTANCE, SOTJS LE NOM d'aD^'ILE.
Vous, qui clans cet instant...
HUBERT
.l'ai paru vous trahir; Mais votre sort me touche, et je viens vous servir.
CONSTANCE, SOUS LE NOM DADÉLE
Hélas! que dites-vous? Et sur ce témoignage...
HUBERT
De ma sincérité désirez- vous un gage?
Je veux moi-même ici seconder vos desseins , Délivrer votre fds , ce vieillard que je plains ; Vous sauver tous les trois.
CONSTANCE, SOUS LE NOM d'aDÈLE.
Qu'entends-je ! Puis-je craindre Que si long-temps, hélas ! vous consentiez à feindre? Par de cruels devoirs à votre état lié, Vous êtes donc encor sensible à la pitié?
HUBERT
Ne suis-je pas un homme?
constance, sous LE NOM d'adÉLE.
Ah ! jamais , sur Ri terre, Les tyrans n'éteindront ce sacré caractère. Avec ce sentiment , hélas ! tout cœur est né ; L'homme gémit par-tout sur l'homme infortuné.
KERMADEUC
Comment nous échapper de cette tour funeste?
J'y commande, il suffît. Je me charge du reste.
CONSTANCE, SOUS LE NOM d'aDÉLE.
Ah! plaignez les terreurs d'un vieillard consterné, Que vos rares bienfaits ont d'abord étonne. Oui , vous allez sans doute achever votre ouvrage. Pourtant, si vous vouliez m'en donner quelque gage, Si vous sentiez combien dans ce cœur palpitant S'irrite le désir d'embrasser mon enfant!
IIIjBERT.
Non. Je vous ai compris. Perdez cette espérance.
CONSTANCE, SOUS LE NOM d'aDÈLE, has,
h Rennadeuc.
Sa voix m'a fait frémir. Que faut-il que je pense i*
(à Hubert.) Puis-je au moins dire un mot, et vous interroger? Etes- vous père?
HUBERT
Moi ! ce nom m'est étranger.
CONSTANCE, SOUS LE NOM d'adÉLE.
( à paH . ) {Il Hubert. )
Je n'en obtiendrai rien. Du moins, si votre adresse M'aidait à soulager le vœu de ma tendresse ! Un moment , sous ce voile , immobile témoin , Si je pouvais le voir et l'entendre de loin! Ce bonheur sur mes maux répandrait quelques charmes; Je me dirais du moins , en répandant des larmes. Je suis donc mère encor ! c'est mon fds (|ue je vois. Voilà son air, son j)ort, et son geste et sa voix, liélas ! vous méritiez sans doute d'être père.