SCÈNE VI
HUBERT, NÉVIL, un Officier.
N É V I L , à V officier.
Arthur est-il vivant?
l'officier.
Il vit... mais... Je m'égare...
Dans ses yeux...
HUBERT
J.uste ciel !
l'officier.
Hélas ! un fer barbare...
HUBERT
Mais qui veillera donc, dans ce triste séjour, Sur cet enfant privé de la clarté du jour?
l'officier.
Le roi veut , par vos mains , le confier au zèle D'une femme inconnue, et que l'on nomme Adèle. Prisonnière en ces lieux , elle peut aisément Servir de conductrice à cet illustre enfant. Auprès de vous bientôt vous la verrez se rendre , Pour se charger du prince , et d'un devoir si tendre. Ce jeune prince, hélas! se tait dans ses douleurs. Et de ses yeux flétris verse encor quelques pleurs. Il souffre sans murmure, il se plaint en silence. Dans son air, dans son port, dans sa noble constance. 2, 10
î46 JEAN SANS-TERRE.
On reconnaît les mœurs , l'esprit de ses aïeux , Et ce calme innocent qu'il portait dans les yeux. On le conduit ici. Votre pitié fidèle Voudra bien le remettre entre les mains d'Adèle. Je me retire.
{Il sort.)
NÉVIL.
Allons : je vais trouver le roi.
(// sort en même temps (jue l'officier, mais par un autre côté. )