‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 135 sur 167 · LÉANDRE, ISABELLE · texte numérisé non relu

LÉANDRE, ISABELLE

lÉàndre , lui arrêtant le bras.

Ciel ! que voulez-vous entreprendre ?

rSABELI.E^

Dois-je en croire mes yeu.x? est-ce vous, cherLéandre ?

tÉÀÎîDRE.

Quelle aveugle fureur vous arrache le jour ?

ISABELLE

Le bruit de votre mort causait seul mes alarmes. Mon sang versé, mieux que mes larmes.

Vous allait prouver mon amour.

LÉANDRE

Quoi ! vous mourriez pour inoi ! dieux ! quelle barbarie De votre sort Jjàtalt le cours?

Hélas ! toute ma vie Ne vaut pas un seul de vos jours.

Un jaloux , que la rage anime , Vient de faire éclater son barbare courroux ; Il a porté les mains sur une autre victime ; Et la nuit et l'Amour m'ont sauvé de ses coups.

ISABELLE

Je revois enfin ce que j'aime ; L'excès de mon bonheur se peut-il concevoir ?

Je crains que le plaisir extrême

Que je sens à vous voir

Ne fasse sur mes jours l'effet du désespoir.

LÉAITDRE.

Vivons pour nous aimer, vivons, malgré l'envie ; Nous triomphons des jaloux et du sort , Que notre crainte soit suivie Du plus tendre transport.

Aimez-moi , tout vous y convie ; Si vous vouliez donner votre sang à ma mort, Hélas ! que pourriez-vous refuser à ma vie ?

ENSEMBLE

Suivons nos doux emportemens ; Aimons-nous d'une ardeur nouvelle ; Quand l'Amour au jour nous rappelle , Nous lui devons tous nos momens.

LÉANDRE

Fuyons un lieu funeste à de tendres amans.

ISABELLE

Je fais mon bonheur de vous suivre.

Je vous allais chercher dans le sein du trépas;

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