LÉANDRE, ISABELLE
lÉàndre , lui arrêtant le bras.
Ciel ! que voulez-vous entreprendre ?
rSABELI.E^
Dois-je en croire mes yeu.x? est-ce vous, cherLéandre ?
tÉÀÎîDRE.
Quelle aveugle fureur vous arrache le jour ?
ISABELLE
Le bruit de votre mort causait seul mes alarmes. Mon sang versé, mieux que mes larmes.
Vous allait prouver mon amour.
LÉANDRE
Quoi ! vous mourriez pour inoi ! dieux ! quelle barbarie De votre sort Jjàtalt le cours?
Hélas ! toute ma vie Ne vaut pas un seul de vos jours.
Un jaloux , que la rage anime , Vient de faire éclater son barbare courroux ; Il a porté les mains sur une autre victime ; Et la nuit et l'Amour m'ont sauvé de ses coups.
ISABELLE
Je revois enfin ce que j'aime ; L'excès de mon bonheur se peut-il concevoir ?
Je crains que le plaisir extrême
Que je sens à vous voir
Ne fasse sur mes jours l'effet du désespoir.
LÉAITDRE.
Vivons pour nous aimer, vivons, malgré l'envie ; Nous triomphons des jaloux et du sort , Que notre crainte soit suivie Du plus tendre transport.
Aimez-moi , tout vous y convie ; Si vous vouliez donner votre sang à ma mort, Hélas ! que pourriez-vous refuser à ma vie ?
ENSEMBLE
Suivons nos doux emportemens ; Aimons-nous d'une ardeur nouvelle ; Quand l'Amour au jour nous rappelle , Nous lui devons tous nos momens.
LÉANDRE
Fuyons un lieu funeste à de tendres amans.
ISABELLE
Je fais mon bonheur de vous suivre.
Je vous allais chercher dans le sein du trépas;