‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 21 sur 167 · SCENE VIII. ai · texte numérisé non relu

SCENE VIII. ai

VULCA.IIT.

Seigneur, je ne rends point compte de mes desseins» Ma femme ignore encor mes ordres souverains ; Et, quand il sera temps qu'elle soit enfermée, Yous en serez instruit avec la renommée.

MARS

Et vous pourriez , cruel , la maltraiter ainsi !

VULCAIN

De vos secrets complots je suis trop ëclairci :

Vos discours me font voir ce que j'avais à craindre.

Et vos lâches amours ne sauraient se contraindre,

MARS

Seigneur, je ne rends point compte de mes amours : Vénus ignore encor quel en sera le cours ; Et, quand il sera temps , par vous ou par un autre. Elle apprendra son sort , et vous saurez le vôtre.

VULCAIN

Ah! je sais trop le sort que vous me réservez.

MARS

Pourquoi le demander, puisque vous le savez?

VTjLCAIIT.

Pourquoi je le demande ? ô ciel ! le puis-je croire, Qu'on ose des ardeurs avouer la plus noire ? Vous pensez qu'approuvant vos feux injurieux Je vous laisse achever ce complot à mes yeux; Que ma foi , mon honneur, mon amour y consente?

MARS

Mais vous , qui me parlez d'une voix menaçante , Oubliez-vous ici qui vous interrogez?

VULCAIN

Oubliez-vous qui j'aime, et qui vous outragez?

MA.RS

C'est pour le bien commun qu'ici mon zèle brille.

VULCAIN

Et qui vous a chargé du soin de ma famille ? Avez-vous sur ma femme acquis des droits d'époux ? Et ne pourrais-je...

MARS

Non, elle n'est pas à vous.

En épousant Vénus , cette belle déesse , Vous saviez que sou cœur, sensible à la tendresse, Ne se refusait pas aux transports les plus doux : A ces conditions vous fûtes son époux.

Si, depuis , des amans la troupe favorite A pris chez vous des droits dont votre cœur s'irrite, Accusez-eule sort et le ciel tout entier, Jupiter, Apollon , et vous tout le premier.

YUi.cA.iir.

Moi?

MARS

Vous , qui , dès long-temps , mari doux et docile , Pour moi seul aujourd'hui devenez difficile : Vous vous avisez tard de devenir jaloux; Et Mars peut , comme un autre, être reçu chez vous.

VULCAIN

Juste ciel! puis-je entendre et souffrir ce langage ?

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