SABINUS
Dieuxl qu'est-ce que j'entends ? Quelle foudre imprévue ' Mou ame à ce revers s'était-elle attendue? Quoi ! sur uue captive attachant vos regards, Vous pourriez démentir la fierté des Césars ?
AURÉLIEN
Ah! cruel, qu'as-tu fait?
SABCNUS.
Ce que je devais faire.
Ce qu'au bien de l'État il était nécessaire;
j;8 SAPOR.
Et l'orient soumis à vos lois pour jamais , Assure à tout l'empire une éternelle paix.
AURÉLIElf.
Et que m'importe , liélas! le repos de la terre ? Que me sert d'étouffer le flambeau de la guerre. Si j'allume eu mon scindes feux plus violens, Et dérobe à mon cœur le repos que je sens ? Tout l'orient conquis, l'Afrique avec l'Asie , Ne me rendront jamais ma liberté ravie ; Et l'univers entier est pour un empereur Trop cher, quand il le doit acheter de son cœur. J'aime cependant, j'aime, et malgré moi mon ame Est en proie aux fureurs de sa nouvelle flamme : Ce feu trop retenu ne peut plus se celer. Et je ne puis enfin et me taire et brûler. Rome, dans ce moment, et l'armée attentives Attendent quel sera le destin des captives : Ce jour le prescrira; je destine au soleil D'un sacrifice heureux le pompeux appareil. J'attends tout de tes soins : va , que le camp s'apprét* A célébrer l'éclat d'une si grande fête. Pour rendre à l'univers ce jour encor plus beau, L'hymen en nia faveur brûlera son flambeau : Ismène , dans ces lieux par mon ordre conduite , Va bientôt de sou sort par ma bouche être instruite ; Je l'attends. Mais on vient. Ma gloire et mon amour Se reposent sur toi de l'éclat de ce jour.