ACTE III, SCENE I. yt
D'un troue abandonné frivole récompense ;
Et, pour comble dVimui (j'en rougis, quandj'ypensejj
Ce prince aimé de vous, que vous favorisez,
Ne vous rendra jamais ce que vous refusez.
ISMÈNE
Ah ! prince, dèslong-tempsparlesortpoursuivie. J'ai prévu les malbeurs qui menaçaient ma vie. Et j'ai toujours bien cru qu'il fallait m'exercer Au mépris des grandeurs où j'allais renoncer: Je m'en suis déjà fait une longue habitude: Mais mon cœur à changer n'a point mis son étude , Et je n'ai jarr;ais cru devoir l'accoutumer Au malheur imprévu de ne vous point aimer. Peut-être à mon amour me laissé-je séduire; Mais, à quelque grandeur que m'élève l'empire, Le don de votre coeur, cher prince , est à mes yeux Un présent mille fois encor plus précieux.
SAPOR
Songez-vous qui je suis? Ah ! princesse charmante, Mou ame, eu ce moment sur mes lèvres errante. Pour s'échapper de moi n'atteud plus qu'uu soupir! C'est trop pour uu mortel ressentir de plaisir; Arrêtez ces (orrens où mon ame se noie , Et Sapor n'est pas fait pour expirer de joie.
ISMÈNE
Hélas ! que ces plaisirs vous coûteront de pleurs ! Mon amour est pour vous le dernier des malheurs -, Craignez que l'empereur...
92 SAPOR
sAPoa.
EU! que pourrais-je craindre?
Est-il quelque revers ilout je puisse me plaindre? Hélas ! quand uue fois on a tu vos ajipas , Il n'est plus d'autre mal que de ne vous voir pas , Plus de bien que d'avoir un cœur tendre et capable De TOUS aimer autant que tous êtes aimable.
ISMÈWE.
Hélas î pour tant d'ardeur, pour prix de taut d'amour.
Que fais-je? je conspire à tous raTÏrle jour;
D'un dangereux riTal j'aigris la jalousie.
J'allume ses transjorts, j'excite sa furie:
Irrité d'un refus qu'il croit iujuiieux.
Il veagora sur vous le crime de mes yeux.
D'une secrète horreur mon ame prévenue
Ne jouit qu'en tremblant du bien de Tolre Tue :
Je crains pourmoi, pour tous, et, lorsque je tous vois,'
Je crois toujours tous Toir pour la dernière fois.
SAPOR
Pour la dernière fois ! trop de bonté, madame , Vous presse à partager les ennuis de mon ame. Un prince qui n'a pu détourner tos malheurs Mérite-t-il encor de causer tos frayeurs ? L'uuivers me Terra , Tictime toujours prête , Attendre les couteaux suspendus sur ma tête : Un mot de Totre bouche , un regard de vos yeux , Bépare pour toujours un sort injurieux; Et l'on oublie assez son iujuslice extrême Lorsque l'on se souvientseiUement qu'on vous aime