SCENE If. i
LISETTE
Et elle absolument déterminée à épouser ton maître.
MERLIH.
Il y aura peut-être quelque tribulation à essuyer au retour de notre bon homme de père : mais il ne reviendra pas sitôt ; nous aurons le temps de nous préparer ; et mon maître ne sera pas malheureux s'il n'a que ce chagrii^à de son mariage.
LISETTE
Comment donc ? Que veux-tu dire ?
MEMLIN.
Le mariage est sujet à de grandes révolutions.
LISETTE
Ah ! ah ! tu es encore un plaisant visage, de croire que Clilandre puisse jamais se repentir d'avoir épousé Lucile , une fille que j'ai élevée !
MERLIN
Tant pis.
LISETTE
Une fille jeune , belle , et bien faite I
MERLIN
Il n'y a pas là de quoi se rassurer.
i66 LE RETOUR IMPREVU.
J.ISETTE.
Une fille aisée à vivre !
MERLIN
La plupart ries filles ne le sont que trop.
LISETTE
Une fille sage et vertueuse !
MERLIir.
Et c'est toi qui l'as élevée ?
LISETTE
Parle donc , maraud ; que veux-tu dire ?
MERLIW.
Tiens, veux-tu que je te parle franchement ? cette alliance ne me plaît point du tout ; et je ne prévois pas que nous y trouvions notre compte ni l'un ni l'autre. Clitandre fait de la dépense parce qu'il est amoureux : l'amour rend libéral ; le mariage corrige l'amour. Si mon maître devenait avare , où en serionsnous ?
LISETTE
Il est d'un naturel trop prodigue pour devenir jamais trop économe. A-t-il donné de bons ordres pour le régal d'aujourd'hui ?
MERLIN
Je t'en rénonds. Trois garçons de la Guerbois viennent d'arriver avec tout leur attirait