SCENE VI
PASQÙÎW.
En amour les sermens d'un courtisan ne prouvent rien : c'est le langage du pays. LISETTE à Agathe.
Si vous vouliez m'écoutei une fois en votre TJe, je vous ferais voir que Dorante....
AGATHE
Parlons d'autre chose , Lisette.
PASQUiw , à Lisette.
Elle a raison, {à Agathe.) Pailons des beaux habits que mon maître vous a fait venir.
AGATHE
Ah ! Pasquin , j'en suis charroéé.
PASQUIjr.
A propos, mon maître voulait vous voir aujourd'hui parée.
AGATHE
Je voudrais bien l'être aussi ; mais je ne sais pas lequel je dois mettre des deux habits. Dis-moi , Pasquin, lequel aimerait-il mieux de l'innocente ou de la gourgandine {a)}
PASQUIN
La gourgandine a toujours été du goiit de mon maître.
{a) Deux noms d'iiabits à la mode en 1694-
ao ATTExVDEZ-xMOr SOUS L'ORME.
AGATHE
Il faut que les femmes de Paris aient bien de l'esprit pour inventer de si jolis noms.
PASQUI-Y.
Malepeste ! leur imagination travaille beaucoup. Elles n'inventent point de modes qui ne servent à cacher quelque défaut. Falbala par haut pour celles qui n'ont point de hanches ; celles qui en ont trop le portent plus bas. Le cou long et les gorges creuses ont donné lieu à la steinkerke, et ainsi du reste.
AGVTHE.
Ce qui m'embarrasse le plus , c'est la coiffure. Je ne pourrai jamais venir à bout d'arranger tant de machines sur ma tête; il n'y a pas de place pour en mettre seulement la moitié.
PASQUIÎT.
Oh! quand il s'agit de placer des fadaises, la tête d'une femme a plus d'étendue qu'on ne pense. Mais vous me faites souvenir que j'ai ici le livre instructif que la coiffeuse a envoyé de Paris. Il s'intitule :
« Les Elémens de la Toilette, ou le Système harmonique de la coiffure d'une femme.»