‹ ŒuvresChapitre 113 sur 212 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

CLITANDRE

Nous trouverons des expédiens pour nous parer de cet inconvénient.

MERLIN

Hé ! quel expédient trouver ? Nous avons fait argent de tout ; les revenus sont touchés d'nvance ; la maison de la ville est démeublép à faire pitié ; nous avons abattu les bois de la maison de campagne sous prétexte d'avoir de la vue. Pour moi , je vous avoue que je suis à bout.

CLITANDRE

Si mon père peut être encore cinq ou six mois sans venir, j'aurai tout le temps de réparer par mon économie les premiers désordres de ma jeunesse.

MERLIN

Assurément. Et monsieur votre père, de son côté, ne travaille-t-il pas à reboucher tous ces trous-là ?

CLITANDRE

Sans doute.

MERLIN

Il vaut mieux que vous fassiez toutes ces sottises-là de son vivant qu'après sa mort ; il ne serait plus en état d'y remédier.

i;> LE RETOUR IMPRÉVU,

CLITAWDRE.

Tu as raison, Merlin.

MEHLIK-

Allcz , monsieur, vous n'arez pas tant de tort qu'on dirait bien. Monsieur votr€ père fera un gros profit pendant son voyage ; vous aurez fait une grosse dépense pendant son absence. Quand il reviendra, de quoi aurat-il à se plaindre? ce sera comme s'il n'avait bougé de chez lui ; et , au pis aller, ce sera lui qui aura eu tort de voyager.

CLITANDRE

Que tu parles aujourd'hui de bon sens , mon pauvre Merlin !

MERXIJr.

Entre nous , ce n'est pas un grand génie que monsieur votre père ; je l'ai mené autrefois par le nez, comme vous savez ; je lui fais accroire ce que je veux : et quand il reviendrait présentement , je me sens encore assez de vigueur pour vous tirer des affaires les plus épineuses. Allons , monsieur , grande chère et bon feu ; le courage me revient. Combien serez-vous à table aujourd'hui ?

CLITANDRE

Cinq ou six.

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