SCENE VI
plus gros que le poing, et qui va comme le vent. Si nous n'avions pas, nous autres, de ces voitures volantes-là , nous manquerions la moitié de nos occasions.
iUCILE.
Et depuis quand, monsieur le marquis, vous mêlez-vous d'aller à Versailles? il me semble que vous faites ordinairement votre cour à Paris.
XE MARQUIS , à CUtandre.
Eh bien! qu'est-ce, mon cher ? Te voilà au combîe des p'aisirs, tu vas noger dans les délices ; tu sais l'intérêt que je prends à tout ce qui te touche. Quelle félicité lorsque deux cœurs bien épris approchent du moment attendu.... là, qu'on se voit à la queue du roman !
( il chante. )
•c Sangaride, ce jour est uu graud jour pour tous. »
CLITAKDRK.
Je ressens mon bonheur dans toute son étendue. Mais, dis-moi, je te prie, as-tn passé , comme tu m'avais promis, chez ce joaillier» pour ces diamans?
LE MARQUIS, à Cidalhe.
Et vous, la belle cousine, qu'est-ce .•* Le
cœur ne vous en dit-il point? il faut que l'exemple vous encourage. Ne voulez-vous point, en vous mariant, payer vos dettes à l'amour et à la nature? Fi l que cela est vilain d'être une grande inutile dans le monde I
CIDALISfi.
L'état de fille ne m'a point encore ennuyée.
LE MARQUIS
Ce sera quand il vous plaira, au moins, que nous ferons quelque marché de cœur ensemble : je suis fait pour les dames; et les dames , sans vanité, sont aussi faites pour moi. Je veux être déshonoré , si je ne vous trouve fort à mon gré ; je me sens même de la disposition à vous aimer un jour à l'adoration, à la fureur ; mais point de mariage, au moins, point de mariage ; j'aime les amours sans conséquence : vous m'entendez bien ?
LISETTE
Vraiment , ce discours-là est assez clair; il n'a pas besoin de commentaire. Quoi ! monsieur le marquis...
LE MARQUIS , à ClUandre.
Il n'est pas connaissable depuis qu'il me hante, ce petit homme. Il est vrai que je n'ai pas mon pareil pour débourgeoiser un enfant