SCENE IX
vous, puisqu'il vous a remercié de vos services à la tête de votre compagnie.
DORANTE
Parlons de la veuve , Pasquin.
PASQUIN
La veuve est venue ce matin de Poitiers pour vos beaux yeux; et, depuis que vous m'avez quitté^ on \ient de ra'offrir de sa part cent pistoles si je puis lui livrer votre cœur.
DORANTE
Je serai ravi de te faire gagner cent pistoles. J'aime à m'acquitter, Pasquin.
PASQUIN
En rabattant sur mes gages ?
DORANTE
Çà , que faut-il faire, mon cœur?
PASQUIN
On est convenu avec moi que le hasard amènerait la veuve sous cet orme dans un quart-d'heure.
DORANTE
Bon.
PASQUIN
J'ai promis que le hasard vous y conduirait aussi.
aS ATTENDEZ-MOI SOUS L'ORME.
DORANTE
Fort bien.
Il faut que vous vous promeniez sans faire semblant de rien. Elle va venir sans faire semblant de rien; pour lors vous l'aborderez , vous , en faisant semblant de rîèn ; elle vous écoutera faisant semblant de rien. Voilà comment se font les mariages des Tuileries.
DORANTE
Parbleu , tu es un bomme adorable !
PASQUIW.
Çà, préparez-vous à aborder la veuve en petit-maître. Cacbez-vous un œil avec votre chapeau , la main dans la ceinture, le coude en avant, le corps d'un côté et la tête de l'autre; surtout gardez-vous bien de vous promener sur une ligne droite , cela est trop bourgeois.
DORANTE
Ce maraud-là en sait presque autant que moi.
PASQUIN
Voici l'occasion, monsieur, de faire profiter les talens que vous avez pour le grand