‹ ŒuvresChapitre 165 sur 212 · ACTE I, SCENE VII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VII

Me jeta , par malice , eu ce trou si profond ?

Je fus près d'un quart-d'beure à rouler jusqu'au fond,

ÉRASTE

Ne badine donc point ; parle d'autre manière.

CRISPIÎf.

Puisque vous souhaitez une phrase plus claire , Je vous dirai, monsieur, que j'ai vu le jaloux. Qui m'a reçu d'un air qui tient de l'aigre-doux. Il faudra du canon pour emporter la place.

ÉRASTE

Nous en viendrons à bout, quoiqu'il dise et qu'il fasse; Et je ne prétends point abandonner ces lieux Que je ne sois nanti de l'objet de mes vœux. L'amour de ce brutal vaincra la résistance.

CRispi:^'.

J'aurais pour le succès assez bonne espérance, Si de quelque argent frais nous avions le secours : C'est le nerf de la guerre , ainsi que des amours.

ÉRASTE

Ne te mets point en peine: Agathe, en mariage, A. trente mille écus de bon bien eu partage : Quand elle n'aurait rien , je l'aime cent fois mieux Qu'une autre avec tout l'or qui séduirait tes yeux. Dès ses plus tendres ans chez ma mère élevée , Son image en mon cœur est tellement gravée , Que rien ne pourra plus en effacer les traits. Nosxleux cœurs , qui semblaient l'un pour l'autre être faits, Goûtaient de cet amour riieurcusc intelligence;

Quand ma mère mourut. Daus cette décadences- Albert, ce vieux jaloux que l'enfer confondra. Par avis de parens , d'Agathe s'empara.

Je ne le connais point; et lui, comme je pense , De moi ni de mon nom n'a nulle connaissance. On m'a dit qu'il était d'un très-fâclieux esprit , Défiant, dur, brutal.

CRISFi:?.

Et l'on vous a bien dit.

Il faut savoir d'abord si dans la forteresse Kous nous introduirons par force ou par adresse ; S'il est plus à propos, pour nos desseins conçus. De faire un siège ouvert , ou former un blocus.

ÉRASTE

Tu te sers à propos de termes militaires; Tu reviens de la guerre.

CRISPIN

Kn toutes les affaires La tête doit toujours agir avant le bras. Ce n'est pas d'aujourd'hui que je vois des combats ; J'ai même déserté deux fois dans la milice. Quand on veut , voyez-vous , qu'un siège réussisse, 11 faut, premièrement, s'emparer des deUors, Connaître les endroits , les faibles et les forts : Quand ou est bien instruit de tout ce qui se passe,- Ou ouvre la tranchée , on canonne la pLice , Ou renverse un rempart, on fait brèche ; aussitôt On avance en bon ordre , et l'on donne l'assaut ; Ou égorge , ou massacre, ou tue, on vole, on pille-

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