‹ ŒuvresChapitre 176 sur 212 · ACTE II , SCENE YI · texte numérisé non relu

ACTE II , SCENE YI

ALBERT

Agathe est folle!

ÉRASTE

Ab ciel !

ALBERT

Cela n'est pas croyable.

Ab ! monsieur, ce malheur n'est que trop véritable- Quand par votre ordre exprès elle a vu travailler Ce maudit serrurier, venu pour nous griller. Qu'elle a vu ces barreaux et ces grilles paraître. Dont ce noir forgeron condamnait sa fenêtre , J'ai dans le même instant vu ses yeux s'égarer, Et son esprit frappé soudain s'évaporer. Elle tient des discours remplis d'extravagance ; Elle court, elle grimpe, elle chante , elle danse , Elle prend un habit , puis le change soudain •Avec ce qu'elle peut rencontrer sous sa main : Tout à l'heure elle a mis, dans votre garde-robe. Votre large culotte , et votre grande robe ; Puis, prenant sa guitare , elle a de sa façon Chanté différens airs en différent jargon. Enfin c'est cent fois pis que je ne puis vous dire. On ne peut s'empêcher d'eu pleurer et d'en rire.

ÉRASTE

Qu'enlends-je ! juste ciel !

ALBERT

Quel funeste malheur!

LISETTE

De ce triste acciJeut vous êtes seul l'auteur : Et voilà ce que c'est que d'enfermer les filles !

ALBERT

Maudite prévoyance, et malheureuses grilles !

LISETTE

J'ai voulu dans sa chambre un moment l'enfermer | C'étaient des Jiurlemeus qu'on ne peut exprimer; De page elle battait les murs avec sa tête. J'ai dit qu'on ouvre tout , et qu'aucun ne l'arrête. Mais je la vois venir.

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