SCENE XIII
DORANTE , LISETTE ; AGATHE ; à pan.
DORAKTK , à Lisette.
Je l'avoue franchement , à votre refus j'avais jeté les yeux sur une petite fermière, parce que je trouvais une somme d'argent pour nettoyer de gros biens que j'ai en direction : mais, d'honneur, je ne l'ai jamais regardée que comme un enfant , une poupée avec quoi on se joue ; et , depuis les charmantes conversations de Poitiers , vous n'avea point désemparé mon cœur.
AGATHE , à pan.
Le traître !
LISETTE
Apparemment que je vous crois, puisque je veux bien vous donner ma main. Mais, avaut toutes choses, il faut que vous disiez à Agathe , en ma présence , que vous ne l'avez jamais aimée.
DORANTE
En votre présence ?
Quoi ! vous hésitez ?
DORAWTE.
Nullement. Mais enfin dire en face à une femme que je ne l'aime point, c'est l'assassiner : le coup est mortel , madame ; et je dois avoir des ménagemens pour une pauvre petite créature qui....
LISETTE
Qui....
DORANTE
Qui , puisqu'il faut vous en faire la confidence, a eu pour moi certaines faiblesses. Je suis galant homme.
AGATHE , à part.
Comme il ment !
DORANTE
Mais , madame , je quitte tout pour vous suivre. Je me laisse enlever , je vous épouse ; faut-il d'autres marques de mon amour ?
LISETTE
Au moins je vous ordonne d'aller tout présentement rompre rengagement que vous avez avec le père.