‹ ŒuvresChapitre 52 sur 212 · ACTE II , SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE II , SCENE III

STRAEON.

Je te vois.

THALER

Je n'ai pas mécliaut air, Tf'est-ce pas ?

STRABO>-

Je me donne au grand diable d'enfer.

Si seigneur à la cour, dans ses airs de conquête, £st mieux paré que toi des pieds jusqu'à la tête.

THALER

Je suis , sans vanité , Lien tourné quand je veux , Et j'ai , quand il me plaît , tout autant d'esprit qu'eux. Qui fait le bel oisiau ? c'est , dit-on , le pleumage. Notre fille est de même en fort bon équipage. Allons, faut dire vrai, je suis content du roi; Morguienne , il en agit rondement avec moi. Ils m'ont bien fait dîner : c'est un plaisir extrême D'avoir grand appétit, et l'estomac de même. Lorsque l'on peut tous deux les contenter, s'entend. J'ai mangé comme quatre, et j'ai trinqué d'autant.

STRABO:!î.

Tu te trouves donc bien en cette bôtellerie?

THALER

J'y serais volontiers tout le temps de ma vie. L'état où je me vois me fait émerveiller; M'est avis que je rêve , et crains de ra'éveiller.

STRABOrr.

Malgré tes beaux habits, ton air gauche et sauvago

88 DÉMOCRITE

Tient encore à mes yeux quelque peu du village. Plante-toi sur tes pieds ; te voilà coiume un sot; L'on aurait plus d'honneur d'habiller un fagot. Des airs développés ; allons , fais-toi de fête ; Remue un peu les bras; balance-toi la tête; De la vivacité ; danse ; prends du tabac : lie tends pas tant le dos; renfonce l'estomac. ( il lui donne un coup dans le dos et un autre dans l'estomac. )

THA-LER.

Oh! morgue, bellement; comme vous êtes rude î J'ai l'estomac démis.

STRAEON.

Ce n'est là qu'un prélude.

THA.LER.

Achevez donc tout seul.

STRJLBOX.

Paix ; Démocrite vient :

Prends d'un jeune seigneur la taille et le maintien.

THALER

Non, morgue, je m'en vas; aussi bian je pétille» Mis comme me voilà , d'aller voir notre fille.

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