ACTE II , SCENE III
STRAEON.
Je te vois.
THALER
Je n'ai pas mécliaut air, Tf'est-ce pas ?
STRABO>-
Je me donne au grand diable d'enfer.
Si seigneur à la cour, dans ses airs de conquête, £st mieux paré que toi des pieds jusqu'à la tête.
THALER
Je suis , sans vanité , Lien tourné quand je veux , Et j'ai , quand il me plaît , tout autant d'esprit qu'eux. Qui fait le bel oisiau ? c'est , dit-on , le pleumage. Notre fille est de même en fort bon équipage. Allons, faut dire vrai, je suis content du roi; Morguienne , il en agit rondement avec moi. Ils m'ont bien fait dîner : c'est un plaisir extrême D'avoir grand appétit, et l'estomac de même. Lorsque l'on peut tous deux les contenter, s'entend. J'ai mangé comme quatre, et j'ai trinqué d'autant.
STRABO:!î.
Tu te trouves donc bien en cette bôtellerie?
THALER
J'y serais volontiers tout le temps de ma vie. L'état où je me vois me fait émerveiller; M'est avis que je rêve , et crains de ra'éveiller.
STRABOrr.
Malgré tes beaux habits, ton air gauche et sauvago
88 DÉMOCRITE
Tient encore à mes yeux quelque peu du village. Plante-toi sur tes pieds ; te voilà coiume un sot; L'on aurait plus d'honneur d'habiller un fagot. Des airs développés ; allons , fais-toi de fête ; Remue un peu les bras; balance-toi la tête; De la vivacité ; danse ; prends du tabac : lie tends pas tant le dos; renfonce l'estomac. ( il lui donne un coup dans le dos et un autre dans l'estomac. )
THA-LER.
Oh! morgue, bellement; comme vous êtes rude î J'ai l'estomac démis.
STRAEON.
Ce n'est là qu'un prélude.
THA.LER.
Achevez donc tout seul.
STRJLBOX.
Paix ; Démocrite vient :
Prends d'un jeune seigneur la taille et le maintien.
THALER
Non, morgue, je m'en vas; aussi bian je pétille» Mis comme me voilà , d'aller voir notre fille.