‹ ŒuvresChapitre 60 sur 212 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

AGÉLAS , AGÉNOR ; suite du roi.

AGÉXOR.

L^RisÉrs, par votre ordre, en ces lieuxvase rendre» Et TOUS pourrez bientôt et la voir et l'entendre: Mais, si je puis, seigneur, avec vous m'exprimer,' Votre cœur me paraît bien prompt à s'enflammer.

AGÉLA.S.

Je ne te cache rien de l'état de mon ame.

Tu vis naître tantôt cette nouvelle flamme.

Sois témoin du progrès ; mes feux sont parvenus,

Eu moins d'un jour, au point de ne s'accroître plus.

J'adore Criséis ; à chaque instant en elle

Je découvre, je vois quelque grâce nouvelle.

Ne remarques-tu point comme moi ses beautés?

Ses airs dans cette cour ne sont point empruntés J

Son esprit se fait voir même dans son silence :

Elle n'a rien des bois que la seule naissance

AGÉITOR.

De ces feux violens quelle sera la flu ?

io4 DExMOCRlTE,

AGÉLAS.

Je ne sais.

AGEKOR.

Mais, seigneur, quel est voire desseÏK?

AGÉLAS-

D'aimer.

AGÉNOR

Quel sera donc le sort de la princesse? Athènes , par un choix où chacun s'intéresse , "V^us a fait souverain sans aucune autre loi Que d'épouser Ismène , alliée au feu roi.

AGÉLAS.

iVIon cœur jusqu'à ce jour sans nulle répugnance Suivait de cette loi la douce violence , Ce cœur même en secret souvent s'applaudissait De la nécessité que le sort m'imposait; Mais depuis le moment qu'une jeune bergère M'a charmé , sans aroir nul dessein de me plaire. Mon penchant pour Ismène aussitôt m'a quitté : Je me sens entraîner tout d'un autre côté.

AGÉNOa , a part.

Ciel, qui sais mou amour , fais si bien qu'en son ame Puisse à jamais régner cette nouvelle flamme !

( a Agélas. ) Ce n'est pas d'aujourd'hui que les champs et les boi» Ont produit des objets dignes des plus grands rois ; Et le sort prend plaisir d'une chaîne secrète D'allier quelquefois le sceptre et la houlette.

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