SCENE PREMIERE
AGÉLAS , AGÉNOR ; suite du roi.
AGÉXOR.
L^RisÉrs, par votre ordre, en ces lieuxvase rendre» Et TOUS pourrez bientôt et la voir et l'entendre: Mais, si je puis, seigneur, avec vous m'exprimer,' Votre cœur me paraît bien prompt à s'enflammer.
AGÉLA.S.
Je ne te cache rien de l'état de mon ame.
Tu vis naître tantôt cette nouvelle flamme.
Sois témoin du progrès ; mes feux sont parvenus,
Eu moins d'un jour, au point de ne s'accroître plus.
J'adore Criséis ; à chaque instant en elle
Je découvre, je vois quelque grâce nouvelle.
Ne remarques-tu point comme moi ses beautés?
Ses airs dans cette cour ne sont point empruntés J
Son esprit se fait voir même dans son silence :
Elle n'a rien des bois que la seule naissance
AGÉITOR.
De ces feux violens quelle sera la flu ?
io4 DExMOCRlTE,
AGÉLAS.
Je ne sais.
AGEKOR.
Mais, seigneur, quel est voire desseÏK?
AGÉLAS-
D'aimer.
AGÉNOR
Quel sera donc le sort de la princesse? Athènes , par un choix où chacun s'intéresse , "V^us a fait souverain sans aucune autre loi Que d'épouser Ismène , alliée au feu roi.
AGÉLAS.
iVIon cœur jusqu'à ce jour sans nulle répugnance Suivait de cette loi la douce violence , Ce cœur même en secret souvent s'applaudissait De la nécessité que le sort m'imposait; Mais depuis le moment qu'une jeune bergère M'a charmé , sans aroir nul dessein de me plaire. Mon penchant pour Ismène aussitôt m'a quitté : Je me sens entraîner tout d'un autre côté.
AGÉNOa , a part.
Ciel, qui sais mou amour , fais si bien qu'en son ame Puisse à jamais régner cette nouvelle flamme !
( a Agélas. ) Ce n'est pas d'aujourd'hui que les champs et les boi» Ont produit des objets dignes des plus grands rois ; Et le sort prend plaisir d'une chaîne secrète D'allier quelquefois le sceptre et la houlette.