ACTE m, SCENE m
Uue fille s'arrête à voir de tels objets ,
Et dise de sou cœur les sentimens secrets.
11 ea est un pourtaut, si j'ose ici le dire ,
Qui, d'un charme flatteur que sa présence inspire ,
Se distingue aisément , et qui de toutes parts
S'attire sans effort les cœurs et les regards.
AGÉI.A.S.
Vous prenez du plaisir en le voyant paraître ?
CRISÉIS.
Oh ! beaucoup. A son air on voit qu'il est le maître. Les autres, devant lui timides et défaits, Tfe paraissent plus rien , et deviennent si laids , Qu'on ne regarde plus tout ce qui l'environne.
AGÉLAS.
Aimeriez-vous un peu cette heureuse personne?
CRISÉIS.
Je ne sais poiut , seigneur , ce que c'est que d'aimer.
AGÉLAS.
Aucun objet encor n'a pu vous enflammer ?
Tson ; l'on est dans les bois d'une froideur extrême.
AGÉLAS.
Si cet heureux mortel vous disait qu'il vous aime?...
CRISÉIS.
Qu'il m'aime , moi , seigneur ! je me garderais bien , S'il faisait cet aveu , d'en croire jamais rien. On parle ici, dit-ou , autrement qu'on ne pense ; Il faut bien se garder.,. Mais Démocrite avance.
iio DÉMOCRITE.