‹ ŒuvresChapitre 85 sur 212 · ACTE IV, SCENE VU. i · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE VU. i

Si je n'étais bien sûr du bonheur de vous plaire. Vous aimer est un bien pour moi plus précieux Qu'être admis à la table et Jes rois et des dieux ; Et l'on ne leur sert point, même en des jours de fêtes De morceau si friand a mon goût que vous l'êtes.

CLÉAîîTHIS.

]N''étes-vous point de ceux dont l'usage est connu. Qui ne sont amoureux que quand ils ont bien bu ; A qui beaucoup de vm fait sortir la tendresse ; Qui yont en cet état aux pieds de leur maîtresse Exhaler les transports de leurs brûla Jis désirs , Et pousser des hoquets en guise de soupirs ? De nos jeunes seigneurs c'est assez la manière.

STRJlBON. »

Ma tendresse n'est point d'un pareil caractère ; Bacchus n'est pas chez moi l'interprète d'amour: J'ai près du sexe enfin l'air de la vieille cour. Mon cœur s'est laissé prendre eu vous voyant paraître , Et de ses mouvemens n'a plus été le maître ; L'esprit , la belle humeur, la grâce , la beauté. Tout en vous s'est uni contre ma liberté.

CLÉANTHIS.

Ce n'est point un retour de pure complaisance Qui me fait hasarder la même confiance , Mais je vous avouerai qu'à vos premiers regards Mon faible cœur s'est vu percé de toutes parts. Je ne sais quel attrait et quel charme invisible £n un instant a pu me rendre si sensible ; 2. 12

3 34 DEMOCRITE.

?lt je n'ai point senti de transports aussi donx Poar tout autre mortel que j'en ressens pour vous.

STRABOIT.

En vous réciproquant , vous êtes , je vous jure , De ces heureux transports payée avec usure. L'on n'a jamais senti des feux si violens Que ceux qu'auprès de vous et pour vous je ressens. Mais ne puis-je savoir, en voyant tant de charmes , Quel est l'aimable objet à qui je rends les armes ?

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