ACTE V, SCENE III
CLÉAKTHIS.
OÙ puis-je aller pour fuir un si fuueste objet? ( Thaler regarde Cléanthis avec attention. )
STRABOW.
Vous pouvez voyager vingt ans comme j'ai fait: Ou , si de la sagesse un beau feu vous excite, Allez dans les déserts, et suivez Démocrite: De vous voir avec lui je serai peu jaloux.
CLÉAKTHIS.
Sors vite de ces lieux , redoute mon courroux.
(à Thaler.) As-tu bientôt assez contemplé ma figure ?
THALER , à part.
J'ai quelque souvenir de cette criature.
STRABOJf.
C'est là que l'on apprend à corriger ses mœurs , Et d'un flegme moral réprimer les aigreurs.
CLÉANTHIS.
Je veux, quand il me plaît, moi, me mettre en colère.
THALER , a part.
C'est elle ; je le vois , plus je la considère.
STRABON
N'adoucirez-vous point cet esprit pétulant?
THALER , a part.
Voilà celle qui vint m'apporter son enfant.
CLÉAKTHIS.
Ma haine , en te voyant , s'irrite dans mon ame , Lâche , perfide époax !
246 DEMOCRITE.
THALER , a Strabon.
C'est doac là votre femme?
STRABOIÏ.
Hélas ! oui.
THALER , a Clêanthis , la prenant par le bras. Payez-moi ce que vous me devez.
CLÉANTHIS.
Ce que je vous dois ?
THALER
Oui , s'il vous plaît.
CLÉAims.
Vous rêvez.
Je ue voas connais point, mon ami, je vous jure.
TELALE&.
Je vous connais bien , moi. Quinze ans de nourriture Pour un de vos enfans.
CLÉANTHIS.
Pour un de mes enfans ?
STRABOK.
Pour un de nos enfans ! Ciel! qu'est-ce que j'entends? Je n'en eus jamais d'elle ; et c'est nous faire honte.
THALER , a Strabon.
Elle n'a pas laissé d'en avoir à bon compte.
STRABOlî.
D'en avoir ! Justes dieux ! verrai-je d'un œil sec Le front d'un philosophe endurer tel échec ?
CLEANTHis , à Thuler.
Quoi! tu pourrais , maraud, arec pareille audace,