A VENISE
De ces remonstrances et signifiances que les ambassadeurs du roy de Honguerie avoient dittes et remonstrées par bel et courtois langaige, se contemptèrent assés le conte de Nevers et ses consauls, et respondi le sire de Rochefort et dist pour tous que grant merchis au roy de Honguerie quant il se offroit et présentoit si avant que pour vendre et engaigier son héritage pour son cousin le conte de Nevers et que c'est amour et grant courtoisie, qui ne fait pas à reffuser, ne à oublier, et que sur ce on auroit conseil et advis et bien briefment. Ainsi que il fut dit, il fut fait.
Depuis ne demourèrent gaires de jours, que il fut dit aux ambassadeurs du roy de Honguerie de par le conte de Nevers que pas il n'appartenoit à luy de vendre, ne d'engaigier 1 eritage d'autruy ; mais, s'il plaisoit à ceulx qui puissance en avoient de ce faire, de remonstrer aux Vénisciens qu'ils voulsissent entendre à le accepter ou prester une somme de flourins sus pour aydier le conte de Nevers à payer ses menus frais et rendre au grant prieur d'Acquitaine trente mille flourins, lesquels ilavoit prestes débonnairement en l'isle de Roddes, il leur vendroit moult grandement bien à point et en remerchieroient le roy de Honguerie et son conseil. A ces paroles entendirent grandement les l Hongriens et dirent que ils le feroient et assaieroient les Vénisciens 2.
Quant les Vénisciens oyrent parler de ceste matière, ils respondirent froidement et meurement, et dirent que ils en auroient conseil ensemble, et le demandèrent de quinze jours : il leur fut accordé. Au chief de quinze jours, ils respondirent et dirent ainsi, selon ce que je fuis infourmé
* Ambassadeurs. — * Si en parlèrent eteur remonstrèrent toute ceste ordonnance par semblant de bonne volenté.