‹ ŒuvresChapitre 83 sur 134 · RICHARD II TOMBE AU POUVOIR DU COMTE DE DERBY · texte numérisé non relu

RICHARD II TOMBE AU POUVOIR DU COMTE DE DERBY

Le conte d'Erby et les Londriens avoient leurs espies alans et venans, qui leur rapportoient tout lestât du roy , et aussi faisoient chevalliers et escuiers qui se venoient rendre au conte d'Erbv de l leur 2 voulenté. Nouvelles vindrent au • dit conte d'Erby et à son conseil que le roy estoit retrait et enfermé ens ou chastel de Fluich , et n'avoit pas grans gens aveuc luy fors que 3 son hostel tant seulement, et ne monstroit pas que il voulsist la guerre, ne la bataille, fors à yssir de ce dangier, se il povoit, par traittié. Conseillié fut tantost de chevauchier celle part, et, eulx là venus , faire tant que on le euist par force ou autrement. Dont chevauchèrent le conte d'Erby et ses routes devers la place et le chastel dessus nommé, et tant que ils l'approuchèrent de moult près. Et quant ils furent ainsi que à deux petites lieues près, ils trouvèrent ung grant village ouquel le conte d'Erby s'arresta, et menga et beut ung coup, et ot conseil de soy-meismes et non d'autruy qu'il chevaucheroit devant, environ à deux cens chevauls, et laisser oit tout le demourant derrière, et luy venu au chastel où le roy s'estoit retrait, il feroit tant par traittié, se il povoit, que il entreroit dedens par amours et non par force , et metteroit hors le roy par doulces paroles et Fasseureroit de tous périls fors de venir à Londres, et encoires luy 4 auroit-il en convenant 5 que de sa personne il n'auroit quelque mal et seroit pour luy moyen envers les Londriens qui trop fort estoient courrouchiés sur luy, comme bien le monstrèrent depuis.

Ce conseil et advis que le conte d'Erby dist, sembla moult bon à ceulx à qui les paroles furent adreschies, fors tant que il fut dit au conte : « Sire, gardés- vous bien que en « ces besoingnes il n'y ait nulle dissimulation ; car il fault

'.■ Bonne. — 3 Ceulx de. — *-5 Promettroit-il.

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