‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 73 sur 158 · CONVERSATION, ENTRETIEN · texte numérisé non relu

CONVERSATION, ENTRETIEN

Ces deux mots désignent en génér.il un discours mutuel entre deux ou plusieurs personnes , avec celte diflcrence que coni^er-^ sation se dit en général de quelque discours mutuel que ce puisse être ; au lieu ^vC entretien se dit d'un discours qui roule sur quelque objet déterminé. Ainsi on dit qu'un homme est de bonne conversation , pour dire qu'il parle bien des diflerens objets sur lesquels on lui donne lieu de parler ; on ne dit point qu'il est de bon entretien. On se sert du mot entretien ^ quand le discours roule sur une matière importante ; on dit, par exemple : ce* deux princes ont eu ensemble un entretien sur les moyens de faire la paix entre eux. Entretien se dit pour l'ordinaire des co»versations imprimées , à moins que le sujet de la conversation ne soit pas sérieux ; on dit les entretiens de Cicéron sur la nature des dieux , et la conversation du P. Canaye avec le maréchal d'Hocquincourt : dialogue est propre aux conversations âr^mati^ ques , et colloque , aux conversations polémiques et publiques, qui ont pour objet des matières de doctrine, comme le colloque de Poissy. Lorsque plusieurs personnes, surtout au nombre de deux , sont rassemblées et parlent entre elles , on dit qu'elles sout en conversation et non pas en entretien.

SYNONYMES. a55

CONVir-TION, PERSUASION.

Quoique ces deux mots s'emploient souvent l'un poar l'antre, ils ont pourtant des nuances qui les distinguent. La conviction tient plus à l'esprit , \aL persuasion au coeur ; ainsi Ton dit : l'orateur doit non-seulement convaincre , c'est-à-dire , prouver ce qu'il avance , mais encore persuader , c'est-à-dire , toucher et émouvoir. La conviction suppose des preuves : je ne pouvais croire telle chose ; il m'en a donné tant de preuves qu'il m'en a convaincu. La persuasion n'en suppose pas toujours : la bonne opinion que j'ai de vous , suffît pour me persuader que vous ne me trompée pas. On se persuade aisément ce qui fait plaisir^ on est quelquefois trës-fôché d'être convaincu de ce que l'on ne voulait pas croire. On dit : je suis persuadé de votre amitié, et bien convaincu de sa haine.

On persuade à quelqu'un de faire une chose , on le convainc de l'avoir faite ; mais , dans ce dernier cas , convaincre ne se prend jamais qu'en mauvaise part : cet assassin a été convaincu de son crime ^ les scélérats avec qui il vivait , lui avaient /^ersuadé de le commettre.

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