‹ Œuvres; (volume 2)Chapitre 126 sur 493 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

AGAMEMNON , GLYTEMNESTRE.

CLYTEMNESTRE

Oui , Seigneur, nous partions ; et mon juste courroux

Laissoit bientôt Achille et le camp loin de nous.

Ma fille dans Argos couroit pleurer sa honte.

Mais lui-même , étonné d'une fuite si prompte , 770

Par combien de serments , dont je n'ai pu douter,

Vient-il de me convaincre et de nous arrêter !

Il presse cet hymen qu'on prétend qu'il diffère ,

Et vous cherche , brûlant d'amour et de colère :

Prêt d'imposer silence à ce bruit imposteur, 775

Achille en veut connoître et confondre Fauteur.

Bannissez ces soupçons qui troubloient notre joie.

AGAMEMNON

Madame , c'est assez. Je consens qu'on le croie.

Je reconnois l'erreur qui nous avoit séduits ,

Et ressens votre joie autant que je le puis. 780

Vous voulez que Calchas l'unisse à ma famille :

Vous pouvez à l'autel envoyer votre fille ;

Je l'attends. Mais avant que de passer plus loin,

J'ai voulu vous parler un moment sans témoin.

Vous voyez en quels lieux vous l'avez amenée : 7 8 5

Tout y ressent la guerre, et non point l'hyménée.

Le tumulte d'un camp, soldats et matelots,

Un autel hérissé de dards, de javelots,

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