‹ Œuvres; (volume 2)Chapitre 265 sur 493 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

PHÈDRE, seule.

Il sort. Quelle nouvelle a frappé mon oreille? Quel feu mal étouffé dans mon cœur se réveille ? Quel coup de foudre, ô ciel! et quel funeste avis ! Je volois toute entière au secours de son fils ; Et m'arrachant des bras d'OEnone épouvantée, Je cédois au remords dont j'étois tourmentée. Qui sait même où m'alloit porter ce repentir? Peut-être à m'accuser j'aurois pu consentir; Peut-être, si la voix ne m'eût été coupée, L'affreuse vérité me seroit échappée.

Hippolyte est sensible, et ne sent rien pour moi ! Aricie a son cœur ! Aricie a sa foi !

1 . Plusieurs éditeurs modernes ont remplacé au pied par aux pieds.

374 PHÈDRE

Ah, Dieux ! Lorsqu'à mes vœux l'ingrat inexorable no5

S'armoit d'un œil si fier, d'un front si redoutable,

Je pensois qu'à l'amour son cœur toujours fermé

Fût contre tout mon sexe également armé.

Une autre cependant a fléchi son audace ;

Devant ses yeux cruels une autre a trouvé grâce. 1210

Peut-être a-t-il un cœur facile à s'attendrir.

Je suis le seul objet qu'il ne sauroit souffrir;

Et je me chargerois du soin de le défendre?

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