‹ Œuvres; (volume 2)Chapitre 98 sur 493 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

Mais qui peut dans sa course arrêter ce torrent .'

Achille va combattre , et triomphe en courant ;

Et ce vainqueur , suivant de près sa renommée ,

Hier avec la nuit arriva dans l'armée, 1 1 o

Mais des nœuds plus puissants me retiennent le bras. Ma fille, qui s'approche, et court à son trépas; Qui loin de soupçonner un arrêt si sévère , Peut-être s'applaudit des bontés de son père ,

Ma fille Ce nom seul, dont les droits sont si saints, 1 1 5

Sa jeunesse, mon sang, n'est pas ce que je plains.

Je plains mille vertus , une amour mutuelle ,

Sa piété pour moi , ma tendresse pour elle ,

Un respect qu'en son cœur rien ne peut balancer,

Et que j'avois promis de mieux récompenser. i 2 o

Non, je ne croirai point, ô ciel, que ta justice j

Approuve la fureur de ce noir sacrifice.

Tes oracles sans doute ont voulu m'éprouver ;

Et tu me punirois si j'osois l'achever.

Arcas , je t'ai choisi pour cette confidence : 125 11 faut montrer ici ton zèle et ta prudence. La Reine , qui dans Sparte avoit connu ta foi , T'a placé dans le rang que tu tiens près de moi 1 . Prends cette lettre , cours au-devant de la Reine , Et suis, sans t'arrêter, le chemin de Mycène. 1 5o

Dès que tu la verras, défends-lui d'avancer, Et rends-lui ce billet que je viens de tracer. Mais ne t' écarte point : prends un fidèle guide 2.

1 . Euripide fait dire au Vieillard (vers 46-48) que Tyndare, père de Clj temnestre, l'avait envoyé à sa fille comme présent de noces, et pour être un des serviteurs qui devaient accompagner la nouvelle épouse.

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