‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 166 sur 311 · ACTE II, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE I

Ah ! si j'avois encor sur lui le même empire*, Il aimeroit la paix , pour qui mon cœur soupire. Notre commun malheur en seroit adouci : Je le verrois , Hémon ; vous me verriez aussi .

HEMON.

De cette affreuse guerre il abhorre l'image : 3 7 5

Je l'ai vu soupirer de douleur et de rage,

Lorsque , pour remonter au trône paternel ,

On le força de prendre un chemin si cruel.

Espérons que le ciel , touché de nos misères ,

Achèvera bientôt de réunir les frères. 38o

Puisse-t-il rétablir l'amitié dans leur cœur ,

Et conserver l'amour dans celui de la sœur* !

ANTIGONE

Hélas ! ne doutez point que ce dernier ouvrage

1. Far. Je le chéris toujours, encore qu'il m'oublie. hem. Non, non, son amitié ne s'est point affoiblie : Il vous chérit encor; mais ses yeux ont appris

Que mon amour pour vous est bien d'uu autre prix.

Quoique son amitié surpasse l'ordinaire,

Il voit combieu l'amant l'emporte sur le frère,

Et qu'auprès de l'amour dont je ressens l'ardeur,

La plus forte amitié n'est au plus que tiédeur.

antig. Mais enfin si sur lui j'avois le (a) moindre empire,

[Il aimeroit la paix, pour qui mon cœur soupire.] (1664)

2. Nous n'avons pu suivre ici le texte de 1697, qui est égalemeut celui de 1687 :

Et conserver l'amour dans celui de sa sœur.

Les éditions de 1664 et de 1676, qui portent a la sœur, » ont seules évidemment le véritable texte. L'édition de I74r> dans une addition h V avertissement (de Ï736), fait remarquer avec raison qu'il n'est pas possible d'admettre la leçon a. s-a sœur, y> et signale cette variante dans l'édition de 1667 :

Et conserver l'amour dans celui de leur sœur.

Mais quelle est cette édition de 1667 ? Nous ne la trouvons nulle part; et voilà la seule mention que nous en ayons rencontrée. On pourrait croire à une transposition de chiffres, qui aurait changé 1676 en 1667; mais 1676 n'a pas a leur sœur. »

(a) 11 y a dans le texte de 1664: « la moindre empire, » qui ne peut être qu'une faute d'impression.

,,o LA THÉBAÏDE.

Ne lui soit plus aisé que de calmer leur rage. Je les connois tous deux, et je répondrois bien 38 5

Que leur cœur, cher Hémon, est plus dur que le mien. Mais les Dieux quelquefois font de plus grands miracles.

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