Art poétique, chant II, vers î\i et
1k NOTICE BIOGRAPHIQUE
René Bcrthelot, sieur du Parc1. On voit par là qu'elle ne pouvait plus être dans la première jeunesse lorsqu'elle fut aimée de Racine. Son âge d'ailleurs nous est donné, sinon d'une manière certaine et précise, au moins approximativement, par l'acte de son inhumation, qui se trouve sur les registres de la paroisse Saint-Roch2. Il y est dit qu'à la fin de 1668, elle avait environ trente-cinq ans. Dans sa tragédie d'Alexandre, notre po'éte lui avait confié le rôle d'Axiane. Elle n'y fut peut-être pas grande actrice ; mais elle y obtint du moins beaucoup de succès par sa beauté et par ses grâces. On nous la représente paraissant sur le théâtre avec un port de reine3. Racine fut charmé, et dès ce temps sans doute, comme il rompait avec la troupe du Palais-Royal, il songea à en faire sortir la belle comédienne pour l'enrôler à l'Hôtel de Rourgogne. Mlle du Parc y fut reçue à la rentrée de Pâques en 1667. Ce fut un nouveau grief de Molière contre Racine, qui lui enlevait une de ses meilleures actrices. Du reste , les engagements que Racine fit rompre à Mlle du Parc, n'avaient jamais été des liens très-solides : elle avait déjà pendant quelque temps, en i65o, abandonné le théâtre de Molière pour celui du Marais. Lorsqu'elle entra à l'Hôtel de Bourgogne, ce fut pour y jouer le personnage d'Andromaque dans la tragédie de ce nom , qui allait être représentée. Il est vraisemblable qu'à ce moment elle avait déjà agréé les hommages du poète, dont elle suivait ainsi la fortune. Elle était veuve alors depuis quelques années u. Il n'est resté que de légères traces de
1. Histoire de la vie et des ouvrages de Molière, par M. J. Taschereau (3e édition, Paris, Hetzel, 18 j j, 1 vol. in-i2N, p. i5, et p. 214, note 24. Le mariage de la du Parc le 23 février ifi53 nous a été attesté par M. Eud. Soulié, notre collaborateur dans la Collection des grands écrivains. 11 doit des renseignements authentiques sur la du Parc à L'obligeance de M. Brouchoud, avocat à la cour impériale de Lyon. C'est grâce à ces renseignements que nous avons appris aussi que Marie-Anne du Parc, qui tint, comme nous Talions dire, un enfantsur les fonts avec Racine, c'était pas la comédienne, mais sa fille,