far. Attendez-le plutôt, et voyez-le en ces lieux
ATTALE
Et qui n'admireroit un changement si rare? Créon même, Créon pour la paix se déclare4 !
CREON
Tu crois donc que la paix est l'objet de mes soins3 82 5
ATTALE
Oui , je le crois, Seigneur, quand j'y pensois le moins ; Et voyant qu'en effet ce beau soin vous anime, J'admire à tous moments cet effort magnanime Qui vous fait mettre enfin votre haine au tombeau . Ménecée, en mourant, n'a rien fait de plus beau; 83a Et qui peut immoler sa haine à sa patrie Lui pourroit bien aussi sacrifier sa vie.
CRÉON
Ah! sans doute, qui peut d'un généreux effort
Aimer son ennemi peut bien aimer la mort.
Quoi? je négligerois le soin de ma vengeance2, 8 35
Et de mon ennemi je prendrois la défense?
De la mort de mon fils Polynice est l'auteur,
Et moi je deviendrois son lâche protecteur ?
Quand je renoncerois à cette haine extrême ,
Pourrois-je bien cesser d'aimer le diadème? 840
Non , non : tu me verras d'une constante ardeur
Haïr mes ennemis, et chérir ma grandeur.
Le trône fit toujours mes ardeurs les plus chères :