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Pièces relatives à la réception de Racine en l'office de conseiller secrétaire du Roi '.
« A Messieurs les conseillers secrétaires du Roi , maison et couronne de France1 et de ses finances, procureurs syndics de la compagnie.
« Supplie humblement Jean Racine, gentilhomme ordinaire de la
1. Ces pièces, qui se trouvent aux Archives, section judiciaire, ont été publiées par M. G. Servois dans la Correspondance littéraire, année 1862, n° du 25 juin. p. 239-243. Dans les explications dont il les a fait précéder, M. Servois nous avertit que Raciue fut reçu dans la compagnie de* secrétaires du Roi le samedi 18 février 1696, et non le 19, comme il est dit dans Y Histoire chronologique de la grande chancellerie de France par Abraham Tessereau (2 vol. in-fol., M.DCC.VI) , tome H, p. 307. Là en effet on lit : a Le 19 février (1696), Jean Racine, conseiller du Roi, trésorier de France à Moulins, fut reçu en un des cinquante offices de conseillers jerrctaires du Roi.... créés par édit du mois de février 1694. » Sur une phrase de la lettre de Racine à son fils, du i3 février 1698 : a Nous avons remboursé Mme Quinault, » les éditeurs de 1807 ont cette note : o Veuve du poète Quinault, qui étoit auditeur des comptes et secrétaire du Roi. Racine avait acheté cette dernière charge. » Mais la charge donnée à Racine était de nouvelle création ; et Quinault était mort depuis huit ans. Dans l'acte de son décès (28 novembre 1688. Registres de la paroisse Saint- Louis-en-V Ile) il est qualifié « conseiller du Roi, auditeur ordinaire en sa Chambre des comptes, » et non secrétaire. Il n'est pas nommé dans V Histoire de la grande chancellerie.
chambre du Roi, président trésorier rie France en la généralité de Moulins, disant qu'ayant acquis de la compagnie, avec l'agrément de Monseigneur le Chancelier, une des cinquante charges de conseillers secrétaires du Roi, maison, couronne de France et de ses finances, créées par édit du mois de février 1(194, il en auroit fait présenter les provisions à mondit Seigneur, qui auroit mis sur le repli son ordonnance de sait montré à vous, Messieurs : ce considéré, il vous plaise de commettre tels de Messieurs de la compagnie qu'il vous plaira pour procéder aux informations des vie, moeurs et religion du suppliant, et de sa fidélité et affection au service de Sa Majesté, et vous ferez bien.
« Racine. »
a Messieurs Divry et Cousin sont commis aux fins de la présente requête; fait le treizième de février 1696.
0 Gourdok. de La.met. Lasglois. David. »
«Information faite par nous, Jean Divry et Pierre Cousin, écuyers, conseillers secrétaires du Roi, maison, couronne de France et de ses finances commissaires, députés par ordonnance de la compagnie du treizième jour de février mil six cent quatre-vingt-seize, des vie, mœurs, conversation, religion catholique, apostolique et romaine, fidélité et affection au service de Sa Majesté de Jean Racine, con-. seiller du P.oi, trésorier de France en la généralité de Moulins, et gentilhomme ordinaire de ia maison de Sa Majesté, poursuhant l'expédition et sceau des lettres de provision et sa réception eu l'un des cinquante offices de conseillers secrétaires du Roi, maison, couronne de France et de ses finances, créés par édit du mois de février 1694, à laquelle information nous avons procédé ainsi qu'il
ensuit :
« Du jeudi 16 février 1696.
a Messire François Dupuy, prêtre, curé de Sainte-Marine en la cité, y demeurant, âgé de trente-huit ans ou environ, lequel après avoir mis la main ad pectus, a promis de dire la vérité, a dit n'être parent ni allié dudit sieur Racine ; qu'il le connoît depuis vingt ans ou environ ; sait qu'il fait profession de la religion catholique, apostolique et romaine, pour l'avoir vu souvent assister au service divin et fréquenter les sacrements de pénitence et d'eucharistie ; qu'il est de très-bonnes vie et mœurs, et fort affectionné au service du Roi. Lecture à lui faite de sa déposition, y a persisté et signé.
« Dupuy. »
ujo NOTICE BIOGRAPHIQUE SUR JEAN RACINE.
s Charles de Cartigny, écuver, conseiller secrétaire du Roi, maison, couronne de France et de ses finances, demeurant à Paris, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. paroisse Saint-Paul, âgé de soixantequatre à cinq ans, lequel, après serinent par lui fait de dire la vérité, a dit n'être parent ni allié dudit sieur Racine ; qu'il le connoit depuis très-longtemps; qu'il est de très-bonnes mœurs; qu'il fait profession de la religion catholique, apostolique et romaine, pour l'avoir vu souvent assister au service di\in; qu'il est de très-bonne et ancienne famille , distinguée sous les règnes de Henri trois et Henri quatre, comme il se voit par les tombes de leur famille et autres monuments publics à la Ferté-Milon dont il est originaire ' ; que son grand-père et son père ont passé dans les charges où ils ont vécu honorablement, même après avoir porté les armes; qu'il a plusieurs parents, tant du côté paternel que maternel, à Soissons, à Château- Thierry, à la Ferté-Milon, même à Paris, dans les charges de secrétaires du Roi, trésoriers de France, présidents aux presidiaux, aux élections et à la Monnoye2 ; qu'ayant été i-leve dans les belles-lettres par les plus habiles gens de ce siècle, il s'y est tellement distingué que dès l'âge de \ingt-un a vingt-deux ans, sur sa réputation, Sa Majesté lui donna une pension, sans qu'il l'eût demandée5; il fut ensuite trésorier de France, et gratifié par le Roi d'une partie de la valeur de cette charge ; que depuis Sa Majesté lui a donné celle de gentilhomme ordinaire, et l'a choisi, il y a dix-huit ou vingt ans, pour travailler à l'histoire de son règne; sait qu'il est fort affectionné au service du Roi et très-capable d'exercer l'office de conseiller secrétaire de sa maison, dont il poursuit sa réception. Lecture à lui faite de sa déposition, y a persisté et a signé.
« Cartigm. »
r. M. Servois donne ici en note la première rédaction de ce passage, qui a été effacée : a Comme il se voit par la tombe de sou bisaïeul Jean Racine, qui est dans la principale éçlise de la Ferté-Milon, décédé l'an i5o,3; [lY] étoit receveur général du Roi et de ta Reine tant du domaine et duché de Valois que des greniers a sel de la Ferte-Milon et de Crespy en Valois. Est écrit autour de cette tombe : Cjr gisent honorables personnes Jean Racine et Anne Gossel sa jemme. » Nous trouvons donc là, pour attester l'existence de cette tombe, une autorité beaucoup plus ancienne que celle de* Mémoires de L. Raciue.
2. Il y avait d'abord a la suite de ceci : a. Qu'un de ses oncles étoit abbé de Sainte-Geneviève, lorsqu'on descendit la châsse pendant les guerres civiles; qu'il •> été élevé a Port-Royal des Champs, OÙ sa tante est maintenant abbesse, avec plusieurs enfants de grande qualité, et instruit dans les belles-lettres par le célèbre Monsieur Nicolle, et Monsieur Làncelot auteur des fameuses Méthodes grecque et latine; qu'a l'âge de vingt-un a vingt-deux ans, etc. »
'$. Première rédaction : « le prévint par une pension qu'il lui envoya chez lui, sans qu'il l'eut demandée. »
PIÈCES JUSTIFICATIVES. i«.i
e Maître Nicolas Boileau, sieur Despréaux, avocat en Parlement, demeurant à Paris, cloître Notre-Dame, paroisse Saint-Jean le Rond, âgé de 58 aus, lequel, après serment par lui fait de dire vérité, a dit n'être parent ni allié audit sieur Racine ; qu'il le connoît depuis vingt-cinq ans pour être liomme de probité et de grand mérite ; qu'il est de très-bonne famille de la Ferté-Milon, ayant plusieurs parents distingués par leurs mérites et leurs emplois, comme Messieurs Pinterels ', ses cousins germains, dont les uns sont présidents au présidial et élection de Château-Thierry, les autres en la cour des Monnoves, secrétaires du Roi et trésoriers de France; MessieursRomanez, ses beaux-frères, trésoriers de France es généralités d'Amiens et d'Orléans; Monsieur Vitart, seigneur de Passy sur Marne, son cousin germain; Monsieur Prévost, maître des comptes; Monsieur de la Grange, conseiller au Parlement, aussi ses parents; le père de Madame Racine étoit tré-orier de France à Amiens, et son grandpère président en l'élection de Montdidier; sait qu'il fait profession de la religion catholique, apostolique et romaine, dans laquelle il s'est fort distingué pour sa grande piété et ses ouvrages, et fort affectionné au service du Roi. Lecture à lui faite de sa déposition, y a persisté et signé.
« N. Boileau. »
« Fait et arrêté par nous commissaires susdits, les jour et an que dessus.
a Divry, Cousin. »
a Du samedi i3 février ibuti, de relevée, au Palais, pour juger l'information des vit et mœurs de MM. Racine et Asselin".
« Vu par la compagnie l'ordonnance de soit montre à Messieurs les procureurs syndics, apposée par Monseigneur le Chancelier sur le repli des lettres présentées au sceau par Jean Racine et Jacques Asselin, le premier ayant acquis un des cinquante offices de nouvelle création, et le second au lieu et place de défunt M. le Noir; les requêtes par
1. Dans la Correspondance littéraire on a imprimé Puiterelles ; mais le commencement du nom n'a pu être ainsi écrit sous la dictée de Boileau. Du reste, on rencontre également l'orthographe Pintrel et Pinterel (voyez p. i85).
2. « Le même jour [que Racine) Jacques Asselin, ancien échevin de la ville de Rouen, fut reçu en l'office de conseiller secrétaire du Roi, maison, couronne de France et de ses finances, ;iu lieu de feu Guillaume le Noir. » (Histoire chronologique de la grande chancellerie , tome II, p. 3o7.)
igi NOTICE BIOGRAPHIQUE SUR JEAN RACINE.
eux présentées en conséquence, sur lesquelles deux de Messieurs les conseillers secrétaires du Roi ont été commis pour informer de leurs vie, mœurs, religion catholique, apostolique et romaine; informations par eux faites, et ouï le rapport de Messieurs de Lamet et Langlois, procureurs syndics, rapporteurs :
« La compagnie a consenti, sous le bon plaisir du Roi, et de Monseigneur le Chancelier, que lesdits sieurs Racine et Asselin seront pourvus desdits offices, et arrêté que le consentement sera mis sur le repli des lettres par Monsieur le greffier, suivant le règlement, en faisant par eux les soumissions requises et accoutumées; et à l'instant lesdits sieurs Racine et Asselin, avant été mandés par M. Maissat, doyen et président, en ladite assemblée, leur a prononcé la présente délibération, dont ils ont remercié la compagnie.
« Maison , Gourdon , David , de Lamet, « Langlois, Noblet, de Rosset. »
« Du samedi 10 mars i6q6, du matin, au Palais.
<r Présents : Maissat, doyen; Gourdon , de Lamet, Langlois , David, Noblet, Chuberé, Soufflot, Lenormant, Hubert, Desvieux, Dutillet, Gamard, Paraire, de Rosset.
« M. Gourdon a dit que M. Racine notre confrère , se trouvant obligé de suivre Sa Majesté tant à Versailles qu'à Marly, à cause de la charge de gentilhomme ordinaire qu'il exerce à la cour, et parce qu'il travaille à l'histoire du règne du Roi, ce qui l'empêchera d'assister aussi assidûment qu'il le soubaiteroit au service du grand et petit sceau, et aux services et réceptions des confrères qui arrivent journellement , c'est pourquoi il supplie la compagnie de vouloir bien l'excuser lorsqu'il ne pourra se trouver aux assemblées.
« La compagnie, par considération des emplois dudit sieur Racine auprès de Sa Majesté, l'a dispensé du service du grand et du petit sceau, et le tiendra présent aux services et réceptions des confrères, comme elle fait ceux de nos confrères qui sont attachés auprès de Messieurs les Ministres — »