‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 132 sur 306 · Voyez notre tome I, p · texte numérisé non relu

Voyez notre tome I, p

2. On ne peut douter en effet de l'inexactitude des assertions de ces journalistes, qui s'expriment ainsi sur la seconde lettre à la page 475, note i, de leurs Mémoires (mars 1724) • * Cette lettre, qui n'a point paru dans les éditions précédentes des OEuvres de M. Racine, avoit été publiée à part dans le temps qu'elle fut composée. Mais elle devint bientôt rare , parce que l'auteur la supprima . ayant été regagné par M. N. (Nicole.) »

iGft ŒUVRES DIVERSES EN PROSE.

a l'édition. Son ami, ^I. Despréaux, qui n'étoit point pour lors « à Paris, arriva heureusement, comme il se disposoit à donner « cette édition. Mon père fut aussitôt lui communiquer le tout; a l'autre écouta de grand sang-froid, loua extrêmement le tour a et Tesprit de l'ouvrage, et finit en lui disant : Cela est fort « joliment écrit ^ mais vous ne songez pas que vous écrivez contre « les plus Jinnnêtes gens du monde. Cette parole fit aussitôt a rentrer mon père en lui-même ; et comme c'étoit l'homme « du monde le plus éloigné de toute ingratitude, et le plus pé- « nétré des devoirs de l'honnête homme, les obligations qu'il « avoit à ces Messieurs lui revinrent toutes à l'esprit; il sup- « prima sa seconde lettre et sa préface, et retira le plus qu'il « put des exemplaires de la première lettre : ce qui la rend si « difficile à trouver, que je ne l'ai jamais vue qu'une seule fois, « et cela dans un Recueil de pièces fugitives fait dans le temps. a Si jamais faute a pu être réparée par un repentir sincère, « c'a été certainement celle-là. J'ai été témoin du regret qu'il « en a eu toute sa vie ; il n'en parloit qu'avec une humilité et « une confusion capables seules de l'effacer. L'abbé Tallemant « s'avisa un jour, en pleine Académie, de lui reprocher cette « faute. Oui, Monsieur, lui répondit mon père , vous avez rai- <t son; c'est f endroit le plus honteux de ma vie, et je donnerois « tout mon sang pour l'effacer : ce qui fit taire l'abbé Talle- « raant et tous les rieurs qui commençoient à lui applaudir. » Tiré sans doute de ces notes manuscrites de Jean-Baptiste Racine, le passage des Mémoires de son frère Louis sur le même sujet* y est conforme en substance, et il serait superflu de le rappeler ici. Remarquons seulement qu'il insiste sur le caractère spontané qu'eut la résolution de Racine, et qu'une repré*sentation de son plus intime ami ne lui ôte pas, de supprimer sa seconde lettre et de retirer tous les exemplaires qu'il put trouver de la première. Il déclare entièrement erronée une note de Brossette sur la première lettre de Racine, dans son édition de 1716 des OEuvres de Boileau^, où se trouvent ces paroles : « Ces IMessieurs, alarmés par cette lettre, qui les menaçoit d'un écrivain aussi redoutable (jue Pascal, trouvèrent le

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