ACTE II, SCÈNE III
Ah ! tu seras un jour l'honneur de ta famille :
Tu défendras ton bien. Viens, mon sang, viens, ma fille*.
Va, je t'achèterai le Praticien françois'^ .
Mais, diantre ! il ne faut pas déchirer les exploits. 370
ISABELLE ^
Au moins, dites-leur bien que je ne les crains guère ; Ils me feront plaisir : je les mets à pis faire.
CHICANNEAU.
Hé! ne te fâche point.
ISABELLE *
Adieu, Monsieur.
marque ex) nous apprend que les gens de Palais prononçaient encore de son temps a pleine Louche la diplithongue oi,- et cette coutume sans doute s'était conservée jusqu'au temps de Racine , du moins parmi les vieux procureurs. Ainsi c'est à dessein et avec grâce qu'il fait parler de cette sorte Chicanneau, plaideur de profession. » (D'Olivet, Remarques de grammaire sur les Plaideurs.) Le même d'Olivet (ibidem), à propos du vers :
Va, je t'achèterai le Praticien français,
ajoute : « Quand je haranguai la reine de Suède, dit Patru (note sur Vaugela.s, Remarque ex) , je prononçai a l'Académie française, )> suivant l'avis de la Compagnie. Thomas Corneille (note sur Vaugelas, Remarque ccccxiii) veut aussi qu'en parlant publiquement on dise les François. » D'Olivet dit même que l'évêque de Mirepoix (Jean-François Boyer), lorsqu'il avait été reçu à l'Académie française (ce fut en lySô), <c venait encore de suivre l'usage de nos pères. »