Far. Allons, il faut partir. Continuons, Arsace
BÉRÉNICE
Je me verrai puni parce qu'il est coupable ?
Avec quelle injustice et quelle indignité
Elle cloute à mes yeux de ma sincérité î
Titus l'aime, dit-elle, et moi je Tai trahie. 935
L'ingrate ! m'accuser de cette perfidie !
Et dans quel temps encor? Dans le moment fatal
Que j'étale à ses yeux les pleurs de mon rival;
Que pour la consoler, je le faisois paraître
Amoureux et constant, plus qu'il ne l'est peut-être. 940
ARSACE
Et de quel soin, Seigneur, vous allez-vous troubler? Laissez à ce torrent le temps de s'écouler. Dans huit jours, dans un mois, n'importe, il faut qu'il Demeurez seulement. [passe.
ANÏIOCHUS,
Non, je la quitte, Arsace.
Je sens qu'à sa douleur je pourrois compatir : 945 Ma gloire , mon repos , tout m'excite à partir. Allons ; et de si loin évitons la cruelle , Que de longtemps, Arsace, on ne nous parle d'elle. Toutefois il nous reste encore assez de jour : Je vais dans mon palais attendre ton retour. 960 Ya voir si la douleur^ ne l'a point trop saisie. Cours ; et partons du moins assurés de sa vie.
I. Les éditeurs modernes (la Harpe, Geoffroy, M. Aimé-Maïtin) ont remplacé « la douleur » par « sa douleur, » J
FIN DO TROISIÈME ACTE