ACTE IV, SCÈNE I
Ne me ferez jamais prononcer que je l'aime , Puisque jamais je n'aimerai que vous. »
Helas! que me dit-il? Croit-il que je l'ignore? Ne sais-je pas assez qu'il m'aime, qu'il m'adore *? Est-ce ainsi qu'à mes vœux il sait s'accommoder? C'est Roxane , et non moi , qu'il faut persuader. De quelle crainte encor me laisse-t-il saisie? Funeste aveuglement! Perfide jalousie!
Récit menteur! Soupçons que je n'ai pu celer! Falloit-il vous entendre , ou falloit-il parler ? C'étoit fait, mon bonheur surpassoit mon attente. J'étois aimée , heureuse , et Roxane contente. Zaïre, s'il se peut, retourne sur tes pas. Qu'il l'apaise. Ces mots ne me suffisent pas. Que sa bouche, ses yeux, tout l'assure qu'il l'aime. Qu'elle le croie enfin. Que ne puis-je moi-même. Échauffant par mes pleurs ses soins trop languissants , Mettre dans ses discours tout l'amour que je sens? i i6o Mais à d'autres périls je crains de le commettre.
ZAÏRE
Roxane vient à vous.
ATALIDE
Ah! cachons cette lettre.