‹ Œuvres;Chapitre 41 sur 422 · ACTE II, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I

Contre un amant qui plaît pourquoi tant de fierté * ? 455

HERMIONE

Hélas ! pour mon malheur, je l'ai trop écouté.

Je n'ai point du silence affecté le mystère :

Je croyois sans péril pouvoir être sincère ;

Et sans armer mes yeux d'un moment de rigueur,

Je n'ai pour lui parler consulté que mon cœur. 460

Et qui ne se seroit comme moi déclarée

Sur la foi d'une amour si saintement jurée ?

Me voy oit-il de l'œil qu'il me voit aujourd'hui ?

Tu t'en souviens encor, tout conspiroit pour lui :

Ma famille vengée , et les Grecs dans la joie , 465

Nos vaisseaux tout chargés des dépouilles de Troie ,

Les exploits de son père effacés par les siens ,

Ses feux que je croyois plus ardents que les miens,

Mon cœur, toi-même enfin de sa gloire éblouie ,

Avant qu'il me trahît , vous m'avez tous trahie. 470

Mais c'en est trop , Cléone , et quel que soit Pyrrhus ,

Hermione est sensible , Oreste a des vertus.

Il sait aimer du moins , et même sans qu'on l'aime ;

Et peut-être il saura se faire aimer lui-même.

Allons : qu'il vienne enfin.

CLÉONE

Madame , le voici. 475

HERMIONE

Ah ! je ne croyois pas qu'il fût si près d'ici.

I. Far. Pourquoi tant de froideurs? Pourquoi cette fierté? (1668 et 73)

ANDROMAQUE

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