DE LA PREMIÈRE ÉDITION
Les principes de la Philosophie de l'Histoire dont nous donnons one traduction abrégée , ont pour titre original : Cinq Livres sur les principes d'ane Science nouyelle, relative à la nature commune des nations, par Jean -Baptiste Yico, ouvrage dédié à S. S. ( Clément XII ). — Trois éditions ont été Mtes du vivant de Fauteur, dans les années 1725, 1750 et 1744. La dernière est celle qu'on a réimprimée le plus souvent , et que nous avons suivie.
« Ce livre, disait Monti, est une montagne aride n et sauvage qui recèle des mines d'or. )» La comparaison manque de justesse. Si l'on voulait la suivre, on pourrait accuser dans la Science nouvelle , non pas l'aridité , mais bien un luxe de végétation. Le génie impétueux de Vico l'a surchargée , à chaque édition , d'une foule de répétitions sons lesquelles disparaît l'unité dû dessein de l'ouvrage. Rendre sensible cette unité, telle devait être la pensée de celui qui, au bout d'un siècle, venait offrir à un public français un livre si éloigné, par If. singularité de sa forme, des idées de ses contemporains. H ne pouvait atteindre ce but qu'en supprimant, abrégeant ou transposant les passages qui en reproduisaient d'autres sous une forme moins heureuse, ou qui semblaient appelés ailleurs par la liaison des idées. Il a fallu encore écarter quelques paradoxes bizarres, quelques étymologies
forcées, qui ont jusqu'ici décrédité les vérités innombrables que contient la Science nouvelle. Le jour n'est pas loin sans doute où , le nom de Yico ayant pris enfin la place qui lui est due, un intérêt historique s'étendra sur tout ce qu'il a écrit, et où ses erreurs ne pourront faire tort à sa gloire ; mais ce temps n'est pas encore venu.
Plusieurs personnes nous ont prodigué leurs secours et leurs conseils. Nous regrettons qu'il ne nous soit pas permis de les nommer toutes.
M. le chevalier de Angelis, auteur de travaux inédits sur Vico, a bien voulu nous communiquer la plupart des ouvrages italiens que nous avons extraits ou cités ; exemple trop rare de cette libéralité d'esprit qui met tout en commun entre ceux qui s'occupent des mêmes matières. On ne peut reconnaître une bonté si désintéressée , mais rien n'en efface le souvenir.
Des avocats distingués , MM. Renouard , Gœuret de Saint- George et Foucart , ont éclairé le traducteur sur plusieurs questions de droit. Mais il a été principalement soutenu dans son travail par M.Poret, professeur au collège Sainte -Barbe. Si cette première traduction française de la Science nouvelle résolvait d'une manière satisfaisante les nombreuses difficultés que présente l'original, elle le devrait en grande partie au zèle infatigable de son amitié.