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EXPLICATION HISTORIQUE DE LA MYTHOLOGIE

Lorsque Pidée d'une puiMance supérieure, mallresse du ciel et armée de la foudre, a été personnifiée par les premiers hommes sous le nom de Jupiter , la seconde divinité qu'ils se créent est le symbole , l'expression poétique du mariage. Junon est sceur et femme de Jupiter , parce que les premiers mariages consacrés par les auspices eurent lieu entre frères et soeurs. Du mot Hpex , Junon , viennent ceux de iptat , héros , ipaxXriç, Hercule, £/>»«» amour, hereditas, etc. Junon impose à Hercule de grands travaux ; cette phrase traduite de la langue héroïque en langue vulgaire signifie , que la piété accompagnée de la sainteté des mariages , forme les hommes aux grandes vertus.

DiANK est le symbole de la vie plus pure que menèrent les premiers hommes depuis Pinstitution des mariages solennels. Elle cherche les ténèbres pour s'unir à Endymion. Elle punit Actéon d'avoir violé la religion des eaux sacrées ( qui avec le feu constituent la solennité des mariages). Couvert de l'eau qu'elle lui a jetée, fyfnphatus, devenu cer/*^. c'est-à-dire le plus timide des animaux , il est déchiré par ses propres chiens , autrement dit par ses remords. Les nymphes de la déesse , fijnnphœ ou ly^nphœ, ne sont autre chose que les eaux pures et cachées dont elle écarte le profane Actéon, puri latices, de latere.

Après l'institution des auspices et du mariage vient celle des sépultures; après Jupiter, Junon et Diane, naissent les dieux Mares. f<>XaÇ , cippus , signifient tombeau ; de là ceppo, en italien, arbre généalogique, fvXrif tribu, filius ( et par filus, et temen, subiefnen), stemmata, généalogie, lignes généalogiques. La grossièreté des premiers monuments funéraires qui marquaient à la fois la possession des terres et la perpétuité des familles, donna lieu aux métaphores de stirps, de propago , de lignage. Les enfants des fondateurs de la société humaine pouvaient donc se dire duro robore natij ou fils de la terre , géants, ingenui ( quasi indè genili ), aborigènes , aùrôxdovss. — Humanitas, ab hurnando.

Apollon est le dieu de la lumière, de la lumière sociale, qui environne les héros nés des mariages solennels , des unions consacrées par les auspices. Aussi préside -t- il à la divination, à la muse, qu'Homère définit la science du bien et du mal. Apollon poursuit Daphné, symbole de l'humanité encore errante, mais c'est pour l'amener à la vie sédentaire et à la civilisation; elle implore l'aide des dieux (qui président aux

auspices et à l'hyménée). Elle devient laurier, plante qui conserve sa verdure en se renouvelant par ses légitimes rejetons, et jouit ainsi que son divin amant d'une éternelle jeunesse.

Dans l'état de famille, les fruits spontanés de la terre ne sufilsant plus, les hommes mettent le féu aux forêts et commencent à cultiver la terre. Ils sèment le froment dont les grains brûlés leur ont semblé une nourriture agréable. Voilà le grand travail d'Hercule, c'est-à-dire, de l'héroïsme antique. Les serpents qu'étouffe Hercule au berceau, l'hydre, le lion de Némée , le tigre de Bacchus, la chimère de Bellérophon, le dragon de Cadmus, et celui des Hespérides, sont autant de métaphores que l'indigence du langage força les premiers hommes d'employer pour désigner la terre. Le serpent qui, dans rUiade, dévore les huit petits oiseaux avec leur mère , est interprété par Calchas comme signifiant la terre trofenne. En efi^et, les hommes durent se représenter la terre comme un grand dragon couvert d'écatlles , c'est-à-dire d'épines : comme une hydre sortie des eaux (du déluge), et dont les létes, dont les forêts renaissent à mesure qu'elles sont coupées; la peau changeante de celte hydre passe du noir au vert, et prend ensuite la couleur de for. Les dents du serpent que Cadmus enfonce dans la terre expriment poétiquement les instruments de bois durci dont on se servit pour le labourage avant l'usage du fer ( comme dente tenaci pour une ancre, dans Virgile). Enfin, Cadmus devient lui-même serpent ; les Latins auraient dit , en terme de droit , fUndua foetus est.

Les pommes d'or de la fable ne sont autres que les épis ; le blé fut le premier or du monde. Entre les avantages de la haute fortune dont il est déchu, Job rappelle qu'il mangeait du pain de froment. On donnait du grain pour récompense aux soldats victorieux , adorea. [ Le nom d'or passa ensuite aux belles laines. Sans parler de la toison d'or des Argonautes, Alrée se plaint, dans Homère, de ce que Thyeste lui a volé ses brebis d'or. Le même po(ite donne toujours aux rois l'épithète de itoX\^ Am^oi/f, riches en troupeaux. Les anciens Latins appelaient le patrimoine, pecunia, à pecude. Chez les Grecs le même mot, /uitjAov, signifie pomme et troupeau, peutêtre parce qu'on attachait un grand prix à ce fruit. ] L'or du premier âge n'étant plus un métal , on conçoit le rameau de Proserpine dont parle Virgile , et tous les trésors que roulaient dans leurs eaux le Nil, le Pactole, le Gange et le Tage.

PHILOSOPHIE DE LHISTOIRE

Les premiers essais de Fagriculture furent exprimés symboUquement par trois nouveaux dieux, savoir : Ycl- CAiiT, le feu qui avait fécondé la terre; Saturrk , ainsi Dommé de Mto y semences [ ce qui explique pourquoi l'âge de Saturne du Lalium, répond à Tâge d*or des Grecs]; en troisième lieu GrBftu, ou la terre cultivée. On la représente ordinairement assise sur un lion, symbole de la terre qui n*est pas encore domptée par la culture. La même divinité fut pour les Romains Vista, déesse des cérémonies sacrées. En effet, le premier sens du mot coUre fut cultiver la terre; la terre fut le premier autel , Tagriculture fut le premier culte. Ce culte consista originairement à mettre le feu aux forêts et à immoler sur les terres cultivées les vagabonds , les impies qui en franchissaient les limites sacrées, Satumi hostiœ. Yesta, toujours armée de la religion farouche des premiers âges, continua de garder le féu et le froment. Les noces se célébraient a^«4, içm etfùrre; les noces appelées nuptiœ conferreaiœ devinrent particulières aux prêtres , mais dans Torigine il n'y avait eu que dés familles de prêtres. — Les combats livrés par les pères de famille aux vagabonds qui envahissaient leurs terres, donnèrent lieu à la création du dieu Mars.

Mais les héros reçoivent ceux qui se présentent en suppliants. La comparaison des deux classes d'hommes qui composent ainsi la société naissante , fait naître ridée de Yftif os, déesse de la beauté civile, de la noblesse. Honestas signifie à la fois noblesse, beauté et vertu. Les enfants nés hors les mariages solennels étaient , légalement parlant , des monetres.

Mais les plébéiens prétendent bientôt au droit des mariages qui entraine tous les droits civils. On distingue alors Yénus patricienne et Yénus plébéienne ; la première est traînée par des cygnes, l'autre par des

colombes, symbole de la faiblesse, et pour celte raison souvent opposées par les poètes à l'aigle, à l'oiseau de Jupiter. Les prétentions des plébéiens sont marquées par les fables d'Ixion, amoureux de Junon ; de Tantale toujours altéré au milieu des eaux; de Marsyas et de Linus qui défient Apollon au combat du chant, c'est-àdire qui lui disputent le privilège des auspices (canere, chanter et prédire). Le succès ne répond pas toujours à leurs efforts. Phaélon est précipité du char du soleil, Hercule étouffe Antée, Ulysse tue lus et punit les amants de Pénélope. Mais, selon une autre tradition, Pénélope se livre à eux, comme Pasiphaé à son taureau (les plébéiens obtiennent le privilège des mariages solennels), et de ces unions criminelles résultent des monstres , tel que Pan et le Minotaure. Hercule s'effémine et file sous lole et Omphale; il se souille du sang de Nessus , entre en ftireur et expire.

La révolution qui termine cette lutte est aussi exprimée par le symbole de Minuvb. Yulcain fend la tête de Jupiter, d'où sort la déesse , minuit caput, étymologie de Minerva, Caput signifie la tête, et la partie la plus élevée, celle qui domine. Les Latins dirent toujours capitis deminutio pour changement d'état; Minerve substitue l'état civil à l'état de famille. Plus tard on donna un sens métaphysique à cette fable de la naissance de Minerve, et on y vit la découverte la plus sublime de la philosophie , savoir, que l'idée éternelle est engendrée en Dieu par Dieu même , tandis que les idées créées sont produites par Dieu dans l'intelligence humaine.

La transaction qui termine cette révolution est caractérisée par Mbrccrk, qui, dans l'orgueil du langage aristocratique, porte aux hommes les messages des dieux, . . .

HISTOIRE ROMAINE

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