ACTE 1, SCÈNE III. i
COMTOIS
Je sais. (Montrant la maison de Ditparc.) C'est là que demeure la jeune personne qui depuis un mois vous tourne la tête. Aussi votre déménagement a été si prompt , qu'on eût dit d'un homme qui craint une saisie de créanciers ; et , grâce au ciel , nous marchons tête levée, nous ne devons rien. Mais, monsieur, mon attachement pour vous , et la confiance dont vous m'honorez , m'autorisent à vous parler librement. Si , comme vous me l'avez dit, cette jeune Sophie est jolie, riche , d'une famille estimable et estimée , pourquoi n'en pas faire la demande ?
PHILIBERT aîné.
Je n'ose.... Paraîtrai-je à ses parents un parti assez avantageux ?
COMTOIS
Allons donc ; un jeune homme aimable , instruit , bien fait, attaché au ministère des affaires étrangères, ayant déjà été honoré d'une mission dans le Levant, jouissant d'une excellente réputation , et la méritant, ce qui est plus rare! Rendez-vous justice, mon cher maître ; quelle différence entre vous et monsieur votre frère, le mauvais sujet!
PHILIBERT AINE
Comtois, je vous ai déjà défendu de mal parler de mon frère.
COMTOIS
Ma foi , monsieur, je lui donne le nom qu'il se donne lui-même dans ses moments de franchise.
i36 LES DEUX PHILIBERT.