ACTE I, SCÈNE VllI. i
> DUPARC
Justement, je vais dans le quartier cle Forlis. En m'y prenant avec finesse, je saurai si, en effet, il songeait à lui donner sa fille. Et ma foi , si son témoignage et celui des autres s'accordent avec le vôtre, j'aime à mener les affaires brusquement; c'est le fils d'un ancien ami; je donne un grand bal ce soir à la campagne; nous manquons de danseurs. Pourquoi n'inviterais -je pas ce jeune Philibert?
MADAME DER VIGNY
Monsieur Clairville pourrait se charger de l'amener.
CLAIRVILLE
Impossible : mes courses ne me permettront pas de me mettre en route avant quatre heures.
MADAME DERVIGNY
Pourquoi ne viendrait-il pas avec monsieur Pastoureau? Il m'a fait dire qu'il avait une place à donner dans son cabriolet.
CLAIRVILLE
Vous le feriez voyager avec un rival?
MADAME DERVÎGWY.
Oh ! un rival. Je vous assure que monsieur Pastoureau me paraît encore bien moins ce qu'il nous faut, depuis que vous m'avez parlé de votre aimable jeune homme.
Convenons de nos faits. {A madame Dervignj.') Vous allez partir avec ma fille et Marianne dans la calèche ; moi je prends le cabriolet; je vais chez Forlis; je m'informe du jeune homme ; si les réponses sont favorables, je lui écris de chez Forlis même un petit billet d'invitation que Joseph vient lui apporter ici, tandis que je
i56 LES DEUX PHILIBERT.
termine mes autres affaires. Le jeune homme part avec le cousin Pastoureau; et l'ami Clairville vient nous joindre le plus tôt qu'il pourra.
MADAME DERVIGNY
C'est entendu.
DUPARC
Chut ! Voici ma fille.
MADAME DERVIGNY
Il ne faut rien dire devant elle.