‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 173 sur 433 · ACTE III, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE VI

amené à leur maison de campagne ; qu'ils ont voulu que j'eusse des talents, que je susse dessiner, faire des vers et de la musique, et qu'ensuite, ils m'ont dit qu'il y avait erreur dans l'invitation ?

PHILIBERT aîné.

Ah! grand Dieu! Est-ce de cette maison, de chez monsieur Duparc qu'on t'a congédié ?

PHILIBERT CADET

Précisément. Tu es indigné d'un pareil procédé, et moi aussi ; mais il ne faut pas que cela te consterne : nous en sortirons à notre honneur.

PHILIBERT aîné.

Oh ! hien , maintenant , tout est éclairci.

PHILIBERT CADET

Mon bon frère , si tu savais combien je suis touché du chagrin que te cause mon malheur! mais ne te désole donc pas pour une chose dont je suis tout consolé; parlons de toi. Où en es-tu de ce bonheur que tu m'as si joyeusement annoncé ce matin ?

PHILIBERT aîné.

Eh! malheureux, c'est toi qui l'as détruit.

PHILIBERT CADET

Moi! comment cela?

PHILIBERT aîné.

C'est à moi que la lettre d'invitation de monsieur Du parc était destinée. On te l'a remise.

PHILIBERT CADET

Dieu! n'achève pas. Eh bien! tu me croiras, si tu veux , je m'en suis douté.

Et, grâce à tes extravagances, je ne puis pas me justifier , puisque les valets eux-mêmes refusent de m'entend re.

PHILIBERT CADET

Il faut convenir que je suis un grand misérable : me voilà donc l'artisan du malheur de mon frère , de mon bienfaiteur, du meilleur des frères; bats-moi, accablemoi , tue-moi , je le mérite , tu te rendras service et à moi aussi. Au surplus , je reconnais ton bon goût : la jeune personne est charmante; elle ressemble à cette femme de Lyon , tu sais , Armantine , qui m'a tant aimé ; cela m'a frappé du premier coup-d'œil.

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